La vérité de Lapalud

C’est quelques jours avant les fêtes que l’ami Hervé Lapalud a posé son nouvel opus sous le sapin, entre la Wii, les skis et le Whisky. Un disque bienvenu parce qu’ensoleillé tant il est vrai qu’il porte en lui les fruits de ses récentes escapades malgaches (et canadiennes).
Le cédé se nomme « Pas pour une heure » et savez-vous pourquoi ? Parce que le total des dix titres fait 59’59’’, un chouïa en dessous de l’heure fatidique soit, mais quand même bien plus que la normale : Lapalud est un type généreux. Comme le sont ses chansons, antidote évident contre toute sinistrose.
Pourtant ne croyez pas que le gentil Lapalud élude l’angoisse du temps présent, des nuages qui s’amoncellent, des rigueurs rigoristes. Non. Mais sans être Midas et transformer tout ce qu’il touche en or, Lapalud fait énergie de tout. Il est comme ça, et chante « Pas pour le pire / Pour le meilleur / Pas pour de rire / Pas pour du beurre ». Il célèbre l’amitié, ausculte l’amour, fixe les sourires, valorise les gens avec des sons empruntés à autrui qu’il ajoute à l’universalité. La récolte est jolie, faite de sanza, kora, bidonza, doson’goni, niamaniamas, harmonica, lapaza, ocarina, dobro, accordéon, flûtes, chien et râpe à fromage, qu’il partage ici avec Serge Folie, Jonathan Mathis et quelques autres… Modestie d’instruments pour musique accessible et mots jolis qui se baladent dessus, dansent souvent. Il y a comme toujours mais plus encore l’éternelle fraternité d’Hervé, sa joie communicative qui donne envie de faire mieux et plus encore : plus de bonheur prodigué, plus de solidarité et d’entraide. Il y a ici des trésors de chansons apatrides à force d’être de partout, pour chacun. Et, mine de rien, des chapelets de potentiels tubes (comme Taxi broussi). Il y a, enfin, un sursaut qualitatif appréciable de l’artiste, à la mesure de son espace de chant et d’enchantement. Le monde est désormais à lui que, modestement mais avec brio, il restitue sur chaque scène qui lui est offerte. La pochette du disque, dessinée (tout comme le copieux livret) par Violaine Tatéossian, est cette cartographie lapaludienne : que de la respiration !

Hervé Lapalud, Pas pour une heure, 2011, Les Viveurs/cd1d. Le site d’Hervé Lapalud, c’est par là. Lire aussi, sur NosEnchanteurs, l’article « Hervé Lapalud, de passage ».

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11 janvier 2012. Étiquettes : . Chanson sur Rhône-Alpes, Lancer de disque. 4 commentaires.

Hervé Lapalud, de passage…

Hervé Lapalud, 13 octobre, Médiathèque Louis-Aragon à Firminy,
Reportage photographique de Maureen Boissier.

Deux poteaux, un fil d’étendage où un poisson bleu sèche. Et deux boîtes de hareng pareillement pendues. De chez Pilchard, mécène attitré du chanteur. Ainsi que deux koras et d’autres plus petits instruments, comme cet insolite dosongoni et cet espèce de cocotte-minute au doux nom de garrahand (eux le surnomment le « casque de Bourvil »…). On est ici. Et ailleurs. A Madagascar sans doute… « Si tous les gars du monde / Voulaient s’donner la note… » : dès la première chanson, c’est voyage. Et échange. Kora vs diatonique, ma culture contre la tienne. Ce ne sera pas concert, ou pas tout à fait : plus un partage. Lapalud c’est ça. D’abord le sourire dont, comme sa casquette, jamais le chanteur ne se dépare. Et cette voix chaude, accueillante, fraternelle. Des terres malgaches au lac Saint-Laurent, il véhicule son art, restitue un peu de ce qu’il a appris. Et nous livre au passage toutes ses nouvelles chansons, celles pas encore sorties, dont l’oreille n’est pas encore coutumière mais les accueille avec le même plaisir, avec rare évidence. Le disque sera bien…
Le « facteur de chansons » que dit être Hervé Lapalud est taillé du même bois que les meilleurs folk-singer. Il y a du Graeme Allwright en lui, du Dick Annegarn aussi. Que des voyageurs qui vont au-devant de l’autre pour apprendre de lui. Que des sages. Y’a aussi, permettez-moi, du Steve Waring en Lapalud, ce côté enfantin de la chanson, dont on tire du lait, dont on tire du miel. Il y a en lui la promesse de beaux lendemains et la reconnaissance des anciens. Et cette très belle chanson aux disparus : « C’est le requiem de ceux qu’on aime bien / Qui prendront pas la peine de se lever demain », dédiée à plein de gens, à Brel comme à Riffard, Brassens et Caussimon, Ferré comme Matthieu Côte… « J’vous dit que j’vous aime / Pendant que j’vous ai sous la main ! »
Lapalud est sur scène avec son copain et complice Jonathan Mathis. Entre eux tout fonctionne d’harmonie. Y’a du silence entre les notes, de la respiration entre les mots, y’a le grand large, le sourire des gosses, la mélodie des peuples. Les voyageurs qu’ils sont ne sont pas avares d’échantillons ni de rêves et d’espoir pour damer le pion à la réalité. Car « On a marché sur la lune. Et après ? » Après, qui sait, « On marchera sur la terre » Avec eux pour compagnons de randonnées, à chanter « Nu cœur, nu pied, nu cul / Sur la terre je suis venu » en s’accompagnant de tous objets qu’on trouvera et transformera, comme eux, en sanza, à s’en ruiner les doigts.

Le site d’Hervé Lapalud, c’est ici. Et son myspace c’est là.

15 octobre 2011. Étiquettes : . Chanson sur Rhône-Alpes, En scène, Mes nouvelles Nuits critiques. 1 commentaire.

Les mille copains d’Hervé Lapalud

Hervé Lapalud (photo DR)

« Ça y est, l’heure est venue, l’heure où j’épluche mon cœur, l’heure où je rentre de voyage, où je range la bicyclette et défais les bagages, l’heure où je pose les mots sur le cahier, la guitare sous les mots deux lézards sous la guitare, trois tonneaux sous les lézards. Où je vois bien que c’est tout tordu, bancal mais que ça ressemble un poil à la vie et que, ça, c’est pas mal, que ça parle de nous, de l’envie de Nous, du frisson qui s’empare de nous quand on s’enveloppe dans la même vibration, qu’on ose ouvrir la bouche, fermer les yeux, claquer des doigts, laisser fleurir une parole, dire ce qui fâche, ce qui touche, ce qui tremble sous la souche. Un vertige ? Une chanson qui sait ? Une chanson nouvelle vieillie en fût de rêve. »
Ça, c’est Lapalud, Hervé Lapalud, un chanteur autant qu’un copain. Pas que pour moi d’abord, même si nous partageons souvent le verre de la pure amitié. Lapalud lance ces jours-ci l’« Opération Mille copains », en fait la souscription pour son nouvel album : « On sera pas dans le top ten, ni dans le top cent, on le sait bien, alors on s’est dit, est-ce qu’on a mille copains ? Mille copains qui trouvent que ça a du sens de faire de la chanson au levain ? Mille copains qui nous permettraient de nous retourner demain en faisant un pied de nez à hier, en lui disant « On l’a fait, p’tit père », de ces copains qui croient à la somme de nos actes quotidiens, qui croient qu’il y a des choses qui n’ont pas de prix et qui sont prêts à payer pour ça ! »
Si nous avons l’élégant argumentaire de Lapalud, nous ne savons pas pour autant le titre du prochain album, secret encore mieux gardé que les rapports confidentiels-défense de sécurité des centrales nucléaires françaises. Nous savons seulement ce cet album est réalisé par Serge Folie, colorié par Violaine Tatéossian, produit par François Villet et qu’il bénéficie du grand art de Jonathan Mathis, Gilbert Gandil, Parick Argentier, Olivier Gosselink, Samira Bennourine, Rajery ainsi que des musiciens rencontrés à Madagascar lors d’un récent périple d’Hervé Lapalud.
Nous savons surtout que c’est du Lapalud, facteur de chanson depuis 199, qui fait des chansons drôles sérieusement et sème de partout sa douce poésie et contamine de sa bonne humeur. Un Lapalud dont Chorus disait, à propos de son précédent album baptisé Invendable : « Si son nouveau disque, truffé d’amour, d’humour et de bon sens,  est Invendable, c’est sans doute parce qu’il est précieux au-delà de toute valeur marchande. Indéfectible amitié, persistance de l’enfance, racines africaines, éternel sourire, l’adn de Lapalud est tout entier dedans. Invendable et… impayable ! »

Souscription : chèque de 20 € (à l’ordre des Editions Les Viveurs), à envoyer à Hervé Lapalud, 9 Rue du Puits Vieux, 69800 Saint-Priest, avec vos coordonnées complètes, téléphone et adresse mail. Plus d’infos encore à rv@hervelapalud.com – 06 16 24 44 66 ; le site d’Hervé Lapalud.

13 juin 2011. Étiquettes : . Chanson sur Rhône-Alpes, Lancer de disque. 1 commentaire.

Lapalud, un facteur chez les Malgaches

Hervé Lapalud, célèbre facteur de chansons, revient tout juste d’une tournée de presque un mois à Madagascar. Il raconte, en exclusivité pour le WebZine Thou Chant, son périple, ses rencontres, ses concerts, ses projets forcément nourris de musique malgache… Quelques bonnes feuilles à lire de suite, le reste sur Thou Chant n°2, désormais en ligne.

Commerce équitable de musiques…

« Comment dire à quel point la musique fait partie de la vie ici ? Parler de ces jeunes qui jouent de la Kabosy (guitare traditionnelle) dans la rue, sans même faire la manche. Parler de la serveuse du restaurant qui chantonne en mettant la nappe. Ou simplement évoquer cette soirée, à l’Alliance Française, où les musiciens qui avaient répété tout l’après-midi, se détendirent… en chantant pendant des heures (et en éclusant quelques godets de rhum !). Quand je dis en chantant, il faudrait préciser « à plusieurs voix », car la polyphonie est l’ordinaire de la musique malgache. Dès qu’un musicien entonne un air, les autres le rejoignent sans que jamais ne semble se poser la question de de la mémoire ou de la justesse… Ils ont grandi ensemble, chanté ensemble depuis toujours, appris sans effort semble-t-il. Et le plaisir qu’ils prennent est à la mesure du plaisir qu’ils donnent. Je commence à me demander ce que je fais ici, et comment mes chansons vont passer la rampe ? Pour me rassurer, je réponds à l’invitation de l’association « Grandir à Antsirabe » qui recueille des enfants des rues. J’amène ma guitare, mes sanzas, et… la magie opère dès les premières notes. Pas de télé ici, pas de jeux vidéo, la capacité d’émerveillement de l’enfance est intacte. Les gamins reprennent comme ils peuvent mes refrains, et tachent de m’apprendre les leurs. On se redonne rendez-vous dans quelques jours… »

Le reportage complet ici.

Deuxième livraison donc du Thou Chant. Avec, outre le récit d’Hervé Lapalud, celui, forcément épique, de la chanteuse Évelyne Gallet, elle à Saint-Pierre et Miquelon ainsi qu’au Québec. Que du vécu, rien que de l’inédit, soyez en sûrs. Avec aussi l’interview de Claudine Lebègue, qui nous entretient surtout du pourquoi et du comment d’A ma zone, son nouveau et passionnant spectacle. Pas mal de disques encore, de petits et gros labels comme de purs autoproduits, des tas d’infos sur la chanson en Rhône-Alpes et d’autres reportages encore… Parlez du Thou Chant, faites le connaître, c’est un a-Thou de plus pour la chanson !


18 mars 2010. Étiquettes : . Chanson sur Rhône-Alpes, Saines humeurs. 1 commentaire.

Lapalud s’offre une bonne tranche de scènes

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Hervé Lapalud, facteur de chansons (photo Francis Vernhet)

Septième livraison de Tranches de scènes, ce magazine vidéo réalisé par Éric Nadot, chaque fois consacré à un nouvel artiste. Et à l’entourage d’icelui, à ses copains. Après Anne Sylvestre puis Xavier Lacouture, après Claude Semal, Serge Utge-Royo, Gérard Morel et Sarclo(ret), l’heureux lauréat est Hervé Lapalud, adepte du slow-bizness et des chemins de traverse, bel artisan de la chanson, à l’éternel et franc sourire. Lapalud est facteur de chansons comme il se plaît à dire, homme de lettres chantées donc, qui plus est souffleur de vers (un peu comme la rousse semant à tous vents sur la devanture de certains dictionnaires). Et agréable comparse si on en croit ses complices qui, tous, viennent pousser la chansonnette sur ce dvd : Laurent Berger, Frédéric Bobin, Cristine, Chtriky, Philippe Forcioli, Cédric, Jehan, Wally, Franck Vent de Val, Aël, Les Frangines et Gérard Morel. Beau monde et programme d’exception, qui pourraient faire une émission remarquable, un Taratata, un tirititi, un turututu mémorable, si ces artistes n’étaient désespérément cantonnés à la marge, à la (mé)connaissance publique. C’est dire si ce dvd-là (et toute la collection) ressemble à une oasis, une revanche, un bon coup que les programmateurs ignares n’auront hélas pas. C’est un peu Le Grand échiquier d’une chanson de paroles.
Ça nous donne aussi et avant tout l’occasion de faire connaissance avec Lapalud. Bribes d’entretien, nombreux extraits de spectacles avec de vrais morceaux de chansons dedans, rires et passion(s) à fleur de peau, tout nous est ici agréable. C’est un bien bel artiste qui se livre là !
Ce dvd n’est disponible que dans le cadre d’un abonnement (en fait une adhésion à l’association Tranches de scènes) couvrant 4 dvd. Les prochains à paraître seront sur Le Centre de la chanson, Bernard Joyet, Michèle Bernard, Hervé Suhuniette, Rémo Gary.
Association Tranches de scènes, 16 allée aux cerfs 94370 Sucy-en-Brie. Le site est ici.

Hervé Lapalud nous raconte sa tournée à Madagascar en février 2010. A lire sur le WebZine Thou Chant n°2, en pages « Artistes du mois »

4 novembre 2009. Étiquettes : , , , . Chanson sur Rhône-Alpes, Lancer de disque. 8 commentaires.

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