Est-ce Hees, est-ce Val, est-ce… ?

Guillon, par qui un nouveau scandale politique arrive…

Le couperet est tombé sur les humoristes matinaux de France-Inter que sont Stéphane Guillon et Didier Porte. Le père fouettard est passé : interdit désormais de rire dans les embouteillages le matin, fusse (surtout) aux dépends de ces guignols politiques qui nous gouvernent, ruinent le pays, s’agitent dans le bocal et ne nous amusent plus vraiment. Aux dépends aussi de ces bouffons ex-gauchistes, ces petits chiens qui, frétillant de la queue, n’écoutent plus que la voix de leur nouveau maître, celui à qui ils doivent leur généreuse pâtée, en cette Maison ronde qui, par eux, ne tourne plus vraiment rond. Ah, l’info doit être rigoureuse, objective, un rien sinistre : quitte à entrer dans la rigueur, allons-y vraiment ! Pas question d’un trait d’humour, surtout quand il ne va pas dans le sens du poil. Putain, je ne comprends plus rien, moi. Que faisait donc Philippe Val il y a peu de temps encore, à Charlie-Hebdo et, avant, un quart de siècle tout de même, sur les scènes de l’Hexagone, en duo avec Patrick Font ? Il enfilait des perles ou quoi ? On nous l’a changé le Val. Ou il a viré sa cuti. Il s’est vendu tel un vulgaire Kouchner. Pitoyable directeur d’Inter vraiment, à qui il reste néanmoins quelques pudeurs de jeune fille, le besoin d’un ridicule cache-sexe, d’un prête-nom, tant que c’est Jean-Luc Hees, son supérieur, qui, pour le protéger, annonce l’implacable sanction, la mise à mort des trublions dont il avait juré la perte. Et pas question de changer Guillon et Porte d’horaire, même à les reléguer en pleine nuit, non : on les vire ! Trop d’impertinence, trop de libertés, trop de bon sens, trop d’intelligence même. On n’imagine mal comment Philippe Val aurait pu annoncer le verdict, sonner la fin de la récré, lui l’ancien rigolo, le poète autoproclamé. Repassez-vous les vinyles de Font et Val, vous verrez… Dis, Val, comment peut-on se renier à ce point ? Comment peut-on devenir en si peu de temps ce minable valet du monarque en place ? Comment peut-on ensuite se regarder dans un miroir ?
Il sera bien sûr de bon ton de ringardiser Stéphane Guillon et Didier Porte, de décréter leur humour facile, douteux, absent même. Ce sera la tâche des portes-parole du gouvernement et de l’UMP que relaieront des journalistes zélés. On aura tord. Desproges et Coluche seraient encore de ce monde qu’on les virerait pareillement pour crime de lèse-majesté. Le talent du locataire de l’Élysée est de faire exécuter ces basses, très basses œuvres, par des supposés opposants politiques qu’il tient de je ne sais quelle manière. Par les c… sans doute. Manque de bol, ils n’en ont plus.
Messieurs Jean-Luc Hees et Philippe Val, en tant qu’actionnaire des services publics que je suis de par ma qualité de citoyen, si toutefois ces mots vous parlent encore, je vous congédie avant qu’il ne soit vraiment trop tard.

« C’est partout le bruit des bottes / C’est partout l’ordre en kaki (…) / On a beau me dire qu’en France / On peut dormir à l’abri / Des Pinochets en puissance / Travaillent aussi du képi » Jean Ferrat.

On lira aussi, sur NosEnchanteurs, « D’un Philippe Val l’autre ».

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23 juin 2010. Étiquettes : , , , . Saines humeurs. 6 commentaires.

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