Chanson et politique : le titre de gloire de Mélenchon

Chaque dimanche sur les ondes de France-Info dans son émission « Les chansons qui font l’histoire », le journaliste Bertrand Dicale tourne autour de la présente élection présidentielle, en une thématique aussi nourrie que franchement passionnante. Après nous avoir d’abord invité à revisiter par la chanson les précédents présidents de la Ve République (de De Gaulle à Chirac), il poursuit, jusqu’au premier tour de la Présidentielle, les campagnes électorales en chanson, avec parfois des (re) trouvailles étonnantes. C’est dire si je vous recommande cette émission radiophonique qu’on peut du reste podcaster.

A l’unisson de l’effort de mon estimé confrère, j’aimerai vous proposer un titre ma foi étonnant. Le plagiat d’un titre, Louxor, j’adore, du très bobo Katerine (dont les lecteurs fidèles de ce blog devinent mon aversion), en grâce dans les médias, par Psychonada, groupe de rock désormais rompu aux détournements de musique. Convenons que leur dernier titre est une réussite, au total bénéfice de Jean-Luc Mélenchon, en grâce dans les intentions de vote. Evidemment ça peut nous faire songer à la chanson qu’Alain Souchon avait consacrée à Arlette Laguiller. Mais, que je sache, c’était hors période électorale. Là, nous sommes pile dedans. Ça fait drôle d’imaginer que, dans les meetings bondés du candidat du Front de Gauche, on puisse se trémousser sur un tel titre. Titre de gloire, il va sans dire…

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30 mars 2012. Étiquettes : , . Divers, Les événements. 6 commentaires.

Katerine en « pire two pire »

Katerine, Francis et ses peintres, 2 avril 2011 au festival « Pas de poissons, des chansons ! » d’Annonay,

Philippe Katerine, serial-killer de la variété (photo DR)

Pas en slip blanc et sous-pull rose cette fois-ci Katerine, et sans « banane », mais en smoking et noeud pap’, comme tous ses musiciens d’ailleurs, ces « Francis et ses peintres » comme ils se nomment (excellents musiciens au demeurant pour jolies orchestrations). En un répertoire qui se veut être une parenthèse dans la tournée : dix dates, pas plus, et des tubes comme s’il en pleuvait. Pas les siens, non, ceux d’autrui, souvent des trucs fadasses qui, hasard ou destinée, ont trouvé jadis les faveurs et ferveurs du public. Katerine – ça doit être ça son « projet » – va, par une interprétation volontairement stupide, puérile, les rendre plus fadasses encore, ennuyeuses et creuses (ce sont des tubes, normal). Et les enfiler les unes après les autres, comme on enfile des perles d’aculture, le bel exploit !
Ah ! Katerine, ce « chanteur qui révolutionne la pop française à coups d’élégantes excentricités » coupable ici de la pire des médiocrités, que veut-il nous dire, nous faire comprendre, que veut-il nous chanter ? Ah bien sûr, ni Au fur et à mesure de Liane Foly ni Confidences pour confidences de Jean Schulteis, ni Capri c’est fini d’Hervé Vilard ni Partir un jour des Two be three ne sont des chefs-d’oeuvre de la chanson, pas plus que « C’est la ouate que j’préfère » ou le sirupeux duo Céline Dion-Garou de Sous le vent qui ne soulève plus qu’indifférence…
A tout ces succès (inclus aussi Elle est ailleurs de Bachelet, Belle île en mer de Voulzy et Les yeux de ma mère d’Arno), Katerine oppose méchamment, bêtement comme il sait l’être, avec sa mine d’ahuri, une interprétation qui ridiculise plus encore ce qui est chanté. Pourquoi ? Pour souligner quoi ? Pour nous dire quoi ? Il peut faire la même chose, faire subir le même traitement à des chansons de Brel, de Barbara, de Caussimon ou de Leclerc
(pas les chars, Katerine, le chanteur !), même à la prose de Voltaire, d’Hugo ou de Camus s’il le veut, il obtiendra le même résultat. Une telle interprétation nivelle n’importe quel texte par le bas et l’abat. Tueur de chanson, le bel exploit ! Qui te vaudras, Katerine, à coups sûrs les bravos de ton public (que tu prends pour des cons) et des rock-critiques, des Inrocks ou de Libé. Faire passer Carlos (le chanteur, pas l’autre) ou Mylène Farmer pour ce qu’ils sont et bien pire te vaudra des médailles.
En dernier titre, le Louksor j’adore du dénommé Katerine. Là la colère s’atténue : sans nullement cette fois-ci forcer le trait, Katerine balance un de ses succès-à-lui, bien tube, bien creux. On se dit qu’il vient  seulement, peut être, sans s’en vanter, de rendre hommage à sa famille, de s’autoclassifier dans l’arbre généalogique de la chanson, subdivision « bonobos », croisement du singe et des bobos. A la réflexion, je crois que Katerine est un gars honnête : comme il le chante aussi… « T’es ok, t’es bath, t’es in »

Le site de Katerine, c’est ici.

5 avril 2011. Étiquettes : . En scène, Festivals, Mes nouvelles Nuits critiques, Pas des poissons des chansons. 1 commentaire.

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