Cette chanson lyonnaise qui rugit (1)

Balmino, Jeanne Garraud, Noah Lagoutte, François Gaillard, Frédéric Bobin, Carmen Maria Vega et j’en passe des tout aussi bons, il me semble que, depuis pas mal d’années, la chanson venue de Lyon et de ses environs caracole tant en quantité qu’en qualité (vous m’objecterez que je réside dans cette région, certes, mais aux portes de l’Auvergne…). Tant que ce blog nourrit fièrement et en abondance sa partie « Rhône-Alpes ». Manque de temps (et de personnel !) pour tous les traiter individuellement, voici quelques cédés qu’il serait vraiment dommage de passer sous silence. La suite dans la semaine…

King Kong Vahiné (photo DR)

King-kong Vahiné / « Le Village ». Rien qu’à l’intitulé du groupe (trio composé de Denis Rivet, Cécile Poussin et Stéphane Emptaz), on s’imagine la bête et la belle, vêtue d’un simple collier de coquillages… Ben non, c’est pas ça. Y’a erreur sur l’étiquetage. KKV fait dans une pop singulière et soignée, douce à l’oreille, veloutée, où trouvent place accordéon, flûte traversière, bandes son, boites à rythme comme mélodica et piano-jouet. Leur nouveau cédé (un six titres) fait suite au fort intéressant La Ville est tranquille. Ça suinte d’une belle mélancolie, saigne de coups de griffes aux ongles vernis, appelle le désir sans crier gare, noirci le tableau en un élégant feu de paille … Nul n’est besoin d’avoir renié la chanson pour aimer cette pop-là, où tout témoigne d’un grand soin apporté à chaque étape du disque, de l’écriture à la production.

Le site de King Kong Vahiné.

Évelyne Gallet / « Infidèle ». J’ai certes chroniqué ce disque (son deuxième opus) dans les colonnes du défunt Chorus. Mais quand même. Libre à moi de considérer que c’est un des albums les plus jouissifs de l’année, un des indispensables de toute discothèque qui se respecte. D’ailleurs les québécois ne s’y sont pas trompé, à faire à Gallet triomphe sur triomphe, tant qu’on se doute bien qu’elle sera prochainement sur des très grandes scènes de là-bas, Francofolies de Montréal ou autres… Rappelons qu’Évelyne Gallet s’est fait répertoire des chansons de Patrick Font (celui du mythique duo Font et Val), à lui reprendre tant des chansons connues (comme La Vieille) qu’à puiser dans son invraisemblable stock d’inédits. Décontractée comme pas deux, c’est peu dire que ça lui va comme un gant. Évelyne reprend aussi quelques chansons de l’ami Matthieu Côte, histoire de constater qu’il est toujours là.

Le site d’Évelyne Gallet. A noter qu’Évelyne se produit cette semaine à la salle des Rancy, à Lyon, où elle fait résidence.

Nico / « On naît tendre ». On se dit « tiens, encore un p’tit nouveau ! », on baisse la garde et on a tord, car on se prend là, par ce disque, une magistrale baffe. Peut-être, Nico, naît-on tendre mais la carne se durcit au contact de l’air ambiant. Car ce qui est ici brossé l’est de teintes sombres. Y’a pas de coin de ciel bleu dans ces ciels tourmentés, plein de solitude et de mort, de désespérance, de froids constats. Mais tout ici, dans ce disque aux sept titres impressionnants, est d’une maturité confondante, d’un art déjà accompli. Tant qu’on a envie de convoquer les grands, les géants, pour dire le bien qu’on peut penser d’un tel opus, pour tenter les immanquables filiations. On se dit que tout y est, la patte d’un bel artiste en devenir. Textes prenants, interprétation plus que probante, orchestration classique, sobre et efficace, on se dit que tout y est, qu’il y a là la patte d’un bel artiste en devenir.

Le site de Nico.


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7 décembre 2009. Étiquettes : , , . Chanson sur Rhône-Alpes, Lancer de disque. 1 commentaire.

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