Vintrigner, cette scène Kétalui

Florent Vintrigner dans L'Aquarium du festival (photo Christine Ruffin)

Florent Vintrigner, 1er avril 2011, festival « Pas des poissons, des chansons ! », L’Aquarium à Annonay,

 Dans La Rue Kétanou, il est l’associé d’Olivier et de Mourad. Drôle de commerce d’ailleurs que cette Rue-là qui, à l’instar d’autres groupes du même acabit, Têtes de Barback ou Ogres raides, a égrené, fait des petits, parfois talentueux, qui s’égayent de partout et ravivent nos scènes. De ces groupes soucieux du vivre ensemble, épris de justice sociale et ivres de ces musiques qui toujours fêtent leurs constantes épousailles. Même sous son nom propre, avec son groupe à lui, Florent Vintrigner, c’est et ça reste ça, grand moment de bonheur follement contagieux. C’est dire que, dans l’Aquarium de ce festival sans poissons, ce tiers de Kétanou était comme chanteur dans l’eau, dans le bain, bain de jouvence il va sans dire. Fête sans retenue dans un espace restreint, torrents de notes, d’agréables portées qui portent loin, tant que les mots se dissolvent un peu dans les décibels, qu’on ne pige pas tout, que vaguement le sens du vent, de l’engagement. Et que c’est tout de même bien. C’est d’autant plus vrai quand il chante en hongrois, avec quelques mots rapportés de là-bas. Bon, les chansons de Vintrigner tiennent particulièrement la route, le choc, les verres et l’infinie tendresse. Celle pour les copains avec qui on va refaire le monde ; celle pour les femmes, pour la femme… Quatre musiciens, tous tendus sur leurs instruments (batterie, guitare, contrebasse et accordéon) en une rare fièvre, une belle idée de partage. Quoi de mieux, vraiment, pour clore telle soirée ?

Le myspace qu’est-à-lui, c’est ici.

8 avril 2011. Étiquettes : , . En scène, Festivals, Mes nouvelles Nuits critiques, Pas des poissons des chansons. Laisser un commentaire.

Portfolio : La Rue Kétanou

Autre portfolio de l’ami Bruno Langevin que celui-ci, uniquement consacré à La Rue Kétanou, lors de leur concert du 12 mai dernier au Zénith de Saint-Étienne, au festival Paroles et Musiques. Le texte est extrait d’un plus vieux papier… On lira aussi les impressions de mon ami Pierre Devrieux sur NosEnchanteurs.

Des troquets où elle troquait, il y a peu, vers pour verres, à ces salles géantes qu’elle remplit à l’aise, La Rue Kétanou n’a pris que de la bouteille, pas l’once d’une grosse tête. C’est un des groupes les plus réjouissants qui soient : il suffit de voir comment ces trois-là tiennent la scène, comment un public conquis, en leur faisant fête, se donne de la joie. Tant qu’on ne parlera que de partage : La Rue Kétanou est la scène de tous, c’est flagrant, enthousiasmant. Nos trois sont manouches comme berbères, sont de Pigalle comme du Berry, sont de partout où ils caravanent. Leurs petites chansons sont grandes de par les thèmes abordés, la solidarité évidente, l’idée de combats et de conscience collective. Elles sont grandes parce qu’elles forment, un peu beaucoup, le nouveau répertoire transmissible qu’on reprend à tuetête à chaque fête, à la manière des vieux standards des Allwright, Le Forestier et Aufray, qui furent piliers de chaque feu de camp. Les flammèches de ces feux sont lucioles, les lucioles sont belles chansons : La Rue Kétanou fait dans les cigales. Et vogue la Bohème ! Cette Rue, vraie artère intérieure qui s’extériorise à chaque refrain repris par une salle bondée, est une posture d’être, rare.

Le site de La Rue Kétanou.

24 mai 2010. Étiquettes : . Portfolio. Laisser un commentaire.

La Rue Két’ c’est à nous !

Sauf à picorer ici et là et finalement ne rien voir, l’ubiquité n’est pas de mise chez le critique. Comment être au four et au moulin, chez Leprest et dans la Rue Kétanou à la fois ? Retour sur la première soirée du festival. Nous sommes au Zénith et c’est l’ami lyonnais Pierre Devrieux qui, pour NosEnchanteurs, noircit fiévreusement son carnet de notes…

C'est pas eux qui sont à la rue… (photo Laurence Rigaudon)

Malgré les trombes d’eau sur Saint-Étienne, l’injuste colère du ciel, ils sont venus ils sont tous là les fans de la Rue Két’. Le Zénith est plein qui tourbillonne de cette jeunesse festive et enthousiaste. Qui clame à l’unisson des trois saltimbanques agités sur la scène : « C’est pas nous qui sommes à la vie / C’est la vie qui est en nous ! » Et toute l’assistance de faire chorus. Imaginez-vous la dimension surnuméraire de cette enthousiaste chorale…

Paroles qui frappent un public fidèle depuis plus de dix ans, toujours présent à l’appel (à la pelle ?) d’un groupe qui n’a cessé de défendre sur scène une musique à la fois sobre, légère, enjouée, incisive, radicale et chaleureuse. Sans varier d’un iota la formation initiale, les trois poètes de la Rue Két’ assurent un set qui fait toujours bouger les corps et travailler les cerveaux. Qu’ils aiment ou qu’ils combattent, ces militants de la chanson populaire viennent d’une rue franche où tout peut se dire à condition d’y mettre les bons mots. Leur devise est « un mot pour tous, tous pour un mot. » Une parole libre et amoureuse dont on se plaît à fredonner les refrains… « Y’a des cigales dans la fourmilière. » Agitateurs appliqués d’une chanson suffisamment exigeante dans sa forme musicale et ses propos pour faire consensus sans jamais être consensuels. Car, loin des chemins faciles de la variété, le groupe enflamme les esprits avec une verve sans tabous, qui laisse libre cours à l’ardeur, clame sa vitalité, tout en grattant là où ça pique.
Un concert de la Rue Két’ c’est une bonne dose de poésie délurée, de swing, de tambourin, d’accordéon, pour voyager en guinchant sur l’air du temps. Ils n’ont aucune frontière : toutes les mélodies du folklore mondial leur conviennent du moment que ça « fédire* »… « C’est pas nous qui sommes à la rue, c’est la rue Kétanou ! »
Pierre Devrieux
* Que ça fédire : que ça donne de l’air

Le site de la Rue Kétanou, c’est !

15 mai 2010. Étiquettes : . Mes nouvelles Nuits critiques. Laisser un commentaire.

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