Qu’est-ce qu’elle a ma gueule ?

Juste pour s’amuser… D’abord le visuel du dernier album de Louis Chédid, On ne dit jamais aux gens qu’on aime qu’on les aime, assez paru en novembre dernier. Chédid s’y cache le visage… par une photo de lui.
Et puis la pochette du nouvel album des Fatals Picards, Coming out, paru en début de cette semaine… Précisons à toutes fins utiles que ce groupe est désormais un quatuor.

Une moustache…

…la barbe !

N’y voyez-vous pas comme un p’tit air de ressemblance ? Ne font-ils rien qu’à se copier, dans les hautes sphères du showbiz ?
Autre point commun : ce sont tous deux de très bon albums…

Parlant des Fatals Picards, on trouvera sur la nouvelle livraison du Thou’Chant un portrait flatteur de ce groupe. Pour le découvrir, c’est ici et maintenant.

16 mars 2011. Étiquettes : , . Saines humeurs. Laisser un commentaire.

Chédid, c’est tout Louis, ça !

Restons sur cet homme précieux qu’est Louis Chédid, fournisseur, Au jour le jour, en refrains dignes et mémorables. Après la rencontre, le concert. C’était en mai 2004, lors du festival Paroles et Musiques, salle Jeanne-d’Arc à Saint-Étienne.

« Si j’te disais ce que j’vois v’nir » (photo DR)

Archive. Teneur rock pour ce vétéran de l’absolue jeunesse, qui s’entoure d’un quartet audacieux, fait pour moitié de musiciens d’Aston-Villa, et s’en va énergiquement balancer sa drôle de comédie humaine. Car Louis observe le monde qu’il chronique de son chant attachant, parce qu’authentique, sans rémission, sans concession. Pas de doctes mots pour ce philosophe de bon sens, juste « deux trois choses que j’ai apprises de cette chienne de vie », du contenu, du contenant de notre pauvre monde. Mais « T’as beau pas êtr’ beau / J’t’aime comme j’t’aime. » Car c’est bien d’l’amour que ce regard attendri sur la planète. Et comme qui aime bien châtie bien… Oh, ce n’est pas du tir à vue que cet inventaire qui se dessine d’une chanson l’autre : juste un doigt pointé là où ça fait mal, là où la société tourne maboule, là où la plus élémentaire dignité oblige réaction. Sur cette télé-réalité de merde, sur cette Terre qui se dégrade, sur… Tant de maux peuvent nourrir les mots que Chédid n’est pas en peine de chansons. S’il entonne « tout passe, tout lasse, tout casse… », il ne cesse d’avoir répertoire au moins utile sinon franchement nécessaire : le citoyen-chanteur qu’il est fait œuvre de totale salubrité. « Si j’te disais ce que j’vois v’nir » lance-t-il en mémoire d’Anne, la fille martyr qui tenait journal : « Elle ressort de sa tanière / La nazie nostalgie. » Un ange passe… Émotion. Il est des mots dont on ne peut s’habituer. Tout statique qu’il puisse être en scène, Louis Chédid vibre autant que son public, avec qui il entretient tendre complicité. Au cœur de son concert, la formation est alors en ligne, en bord de scène. Convivialité renforcée, ça frère entre salle et plateau : tous sont amis, des vrais, mus d’un compagnonnage sans âge ; tous se font la belle, libérant folle énergie. Chédid est ainsi fait. Et c’est tout Louis ça !

26 août 2010. Étiquettes : . Archives de concerts. Laisser un commentaire.

Interview : Louis Chédid

Cette interview remonte à la sortie de son dernier album, il y a presque six ans (il y eu toutefois Le Soldat rose entre temps). Prochain rendez-vous en début novembre pour la sortie de son nouvel opus, On ne dit jamais assez aux gens qu’on aime qu’on les aime, et la tournée qui suivra.


Plus de trente ans de carrière, ça bâtit une œuvre au bout du compte ?
Je ne sais pas. Ça fait une somme de chansons, de disques, etc ; je suis le premier étonné de cette longévité. Vous me l’auriez prédit il y a trente ans que je ne l’aurais pas cru. Je ne fais aucun plan de carrière, sans stratégie autre que celle de me faire plaisir en faisant des disques les meilleurs possibles au moment où je les fais. Parfois je me plante en faisant des disques qui ne rencontrent pas le public. Parfois ils le rencontrent…
Mon métier c’est le plaisir d’écrire des chansons, de les composer, d’aller ensuite en studio, de trouver les musiciens, de réaliser le disque puis de faire de la scène. Voilà, je ne me pose pas d’autres questions que ça : c’est très instinctif. Et, finalement, l’un dans l’autre, tout ce que j’ai fait jusqu’à maintenant représente une petite somme de travail, une globalité. Alors, œuvre, le mot en un peu pompeux. Ce n’est qu’une somme sur la durée. On est très peu à durer dans ce métier…
Ne pas rencontrer le public à un moment donné, ce n’est pas forcément se tromper. Prenez Le Forestier durant toute une époque…
C’est quelque part ne pas être dedans… Je n’ai jamais été de mode, même si parfois il y a des chansons qui sont en plein dans ce que les gens attendent.
Admettons que vous l’êtes Au jour le jour
Quand on est auteur compositeur, ce qu’on raconte est très autobiographique. Il y a des moments où on est plus en forme que d’autres. Ça ne veut pas dire qu’on ne mette pas autant d’énergie mais il y a parfois des trucs qui intéressent moins les gens. Évidemment qu’on y est pour quelque chose. C’est une interaction : un disque sort, les gens l’écoutent, ça leur plaît ou non. Ça ne veut pas dire qu’on est mauvais. J’ai des chansons, que je fais en scène aujourd’hui, que personne n’a jamais entendues en radio, qui ne sont jamais sorties en single, mais que les gens connaissent. Le phénomène du temps fait que certaines chansons vieillissent bien. Ou mal. Ce métier on peut le faire sur la longueur mais c’est un métier actuel. Ce que vous faites aujourd’hui, ça doit rencontrer les gens.
Je parlais de Le Forestier. Absent à un moment donné, il est revenu avec Né quelque part, une réponse à Le Pen. Vous, vous en avez fait une collection de réponses à cet homme…
Quelques-unes, oui. Car c’est quelque chose qui m’a beaucoup bouleversé, de voir dans ce pays qui est le mien, tout d’un coup, une résurgence d’idées extrémistes de droite (je n’aime pas plus les idées extrémistes de gauche). Là, ça représentait quelque chose de plus en plus important. Ça grignotait. Je le dis souvent : j’aimerais que Anne, ma sœur Anne soit obsolète. Malheureusement elle ne l’est pas. Je suis un citoyen comme vous, je ne vois pas pourquoi je ne dirais pas ce que je pense. J’ai cette possibilité, ce privilège…
Quand les choses viennent, à partir du moment où j’estime que c’est important de le dire, je le fais. Je ne me pose pas de questions annexes. Quitte à écrire soi-même ses textes, autant parler de soi. Tout auteur qui écrit ses textes parle fatalement de lui. Je ne dis que ce que je ressens, sans être donneur de leçons. Qui que ce soit ne ferait pas autre chose que ça. Je n’ai pas envie de faire des choses qui ne me ressemblent pas. C’est sûrement pour ça que ça dure, parce qu’il y a une part de vrai. C’est très naturel.

Le site de Louis Chédid.

25 août 2010. Étiquettes : . Interviews. 1 commentaire.

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