« Qu’est-ce qu’ils sont cons ! »

Tant qu’un chanteur est chanté, il est vivant. Il y a presque trois ans, l’ami Matthieu Côte disparaissait, faute à son cœur qui l’a traitreusement lâché. Ses amis (parmi lesquels Balmino ou Evelyne Gallet…) entretiennent ce feu sacré qu’était le sien, chantant encore et toujours leur copain. Reprenant à cette occasion la célèbre formule de Philippe Meyer, « A deux, c’est mieux », voici deux interprétations de Qu’est-ce qu’ils sont cons ! (paroles et musique de Matthieu Côte), un titre resté inédit en disque. La première est de Matthieu Côte lui-même, captée au Ninkasi Kao de Lyon en 2008  ; l’autre de Carmen Maria Vega, fidèle jusqu’à l’argumentaire à son copain Matthieu. Entre nous, cette chanson ne risque pas de prendre la moindre ride avant longtemps…

8 septembre 2011. Étiquettes : , . Chanson sur Rhône-Alpes, Saines humeurs. 17 commentaires.

Matthieu Côte, putain de date !

Juste ces quelques lignes pour, de très loin, faire un salut amical à un ami, à Matthieu Côte.

Matthieu Côte, l'ami (photo DR)

« C’était un 26 septembre, il y a deux ans, putain de date. Le temps qui s’arrête, un cœur qui lâche, un ami qui s’en va, pour longtemps, pour toujours. La chanson a perdu un de ses chiens fous, le chenil une de ses plus sûres promesses. Oh bien sûr le spectacle continue et de nouveaux chanteurs prennent place dans nos cœurs et nos oreilles en lieu et place des précédents, de ceux qui partent. Bien sûr… Reste que Matthieu Côte nous manque, terriblement. On se languit de son Étudiante en lettres (que devient-elle ?), de sa Meilleure amie, de ses vaches et soldats, de ses histoires braguettes et de potaches, de toutes ses p’tites chansons croquées avec hargne et tendresse, interprétées toujours avec sa fougue coutumière. Chaque fois qu’on désespère de l’homme, de ses petitesses, de ses renoncements, on lui reprend même une de ses plus fameuses chansons : Qu’est-ce qu’ils sont cons ! Ça restera (…) »

La suite de cet article dans le numéro 7 du webzine Thou’Chant, daté de ce mois de septembre.

Le myspace de Matthieu Côte.

23 septembre 2010. Étiquettes : . Chanson sur Rhône-Alpes, Saines humeurs. 1 commentaire.

Le Thou’Chant volume 7 vient de sortir

La belle Personne qu'est Caroiine Personne (DR)

C’est sur la toile depuis ce jour, 16 septembre à 16 heures pétantes, septième livraison de ce webzine créé par la salle lyonnaise A Thou bout d’Chant (d’où son intitulé), webzine dont j’ai l’honneur d’être le rédac’chef car quasiment le seul et unique rédacteur. Avec, au programme et en vedettes, Nicolas Jules ; pour un long entretien sur déjà quinze ans de carrière, et la chanteuse lyonnaise Caroline Personne dans un portrait largement mérité à l’occasion de son premier album (sortie à la mi-octobre). Avec aussi pas mal de monde au générique de ce numéro de rentrée. D’abord une flopée de très intéressants cédés : Les Blaireaux, Romain Dudek, Triskaa, Béa Tristan, les Tit’Nassels, Anaïs Lancien, Claudine Lebègue, Olivier Béranger, Arbon, la Mine de rien, Moussu T e lei jovents, Annie Cisaruk, Chloé Clerc, Sombrero(s), La Belle Bertoune… On y parle de l’actualité rhône-alpine de la chanson, des deux ans d’absence (déjà !) de l’ami Matthieu Côte (c’est pas lui qui nous a lâché, c’est son cœur…), de la programmation des salles affiliées au Réseau « Rimec », etc. Encore une fois un contenu dense pour un webzine très engagé dans la dimension chanson. On se rend sur le Thou’Chant ici même.

16 septembre 2010. Étiquettes : , , . Les événements, Thou Chant. Laisser un commentaire.

Leprest en provision, en larmes d’émotion

Allain Leprest, 20 janvier 2010, salle des Rancy à Lyon.

Allain Leprest aux Rancy (photo Robert Dubost)

« Quand auront fondu les banquises / On verra le dernier pingouin / En queue de pie sur les Marquises / Danser sur la tombe à Gauguin… » Il nous est revenu l’Allain, pareil qu’avant, avec ses chansons qu’on tord, qu’on essore, pour en recueillir les larmes d’émotion, en faire provision ; avec ses bras qui dessinent l’espace ; avec sa cravate rouge et sa chemise qui pend ; avec son fil de micro qu’il prend parfois pour lasso ; avec ses trous d’airs, ses textes qui se font la belle, mémoire entre toutes poreuse. Même avec Miravette, tiens, la Nathalie qu’il a ravi à Joyet. Il s’était fait rare, Allain, le temps sans doute d’écouter repousser ses ch’veux, tant que maintenant il ne sait plus vraiment les dompter. Il n’a pas vraiment changé, le Leprest. Même s’il écrit à tour de bras, comme vache qui pisse, c’est pour les autres ; lui ne conserve toujours que les mêmes chansons, des qu’on a déjà pu entendre il y a dix ans déjà, parfois vingt, même plus. C’est que régulièrement il en reprend, des tombées dans l’oubli selon lui, des à qui il donne la chance d’une nouvelle jeunesse, d’une carrière à reprendre, d’une injustice à réparer, à repriser. Alors on retrouve Bilou, et pis Gagarine, Saint-Max, Joséphine et Séraphin… On clos les balloches, les culs sont toujours ronds qu’on enfile à rebours, sans doute Le Temps de finir la bouteille, d’en voir le cul. On ne salue toujours pas le cloué sur la croix, on fait une croix dessus. Et il pleut encore sur la mer même que ça sert à rien, à rien de rien. Immuable Leprest. Bien sûr il nous donne de ses nouvelles, des ports où se planque la barque de sa cervelle. A le voir, là, devant nous, elles ne peuvent qu’être rassurantes. Avec lui Miravette donc, et « cette faculté qu’elle a de gommer toutes mes imperfections ». Depuis Bernard Joyet, la pianiste a ajouté une touche à son art : elle chante. Là elle fait duo avec Leprest, reprenant une chanson qu’Allain avait jadis écrit pour la Gréco : « On avait un seul pull pour deux / Un grand pull-over d’amoureux / Chacun un bras pour une manche / Et chacun l’autre pour la hanche ». Autre duo, avec le chanteur Balmino, pour un hommage à Matthieu Côte, l’ami lyonnais parti l’an passé au paradis des musiciens : « C’est peut-être Mozart… ». Selon les moments, ça dépend des soirs, Leprest est bon ou un peu moins. Lumineux ou pas. Il fut les deux à Lyon, en deux soirs, deux récitals néanmoins précieux au-delà des mots. Car on connaît ses vers, ses rimes nous sont famille. On vient simplement en rechercher, cueillir à ses lèvres un surplus, du rab, une liqueur. On vient s’enivrer de son talent, de son être. Arroser nos fleurs de sa sève. Y’aura encore un beau jardin cette année.

21 janvier 2010. Étiquettes : , , . Mes nouvelles Nuits critiques. Laisser un commentaire.

Matthieu Côte, un an déjà…

Fallait pas être forcément devin pour lui prédire un brillant avenir. Le lyonnais Matthieu Côte avait tout pour lui, la niaque, le talent et un je-ne-sais-quoi surnuméraire qui en faisait un déjà grand par anticipation. Un premier album et des tas de concerts l’avaient imposé en Rhône-Alpes et dans quelques autres places fortes touchées par sa grâce de chien fou, facétieux et brillant, bombe scénique au verbe frais, agité de la chanson aux remarquables uppercuts. Le reste allait venir, question de peu de temps. La camarde l’a fauché il y a un an, un 26 septembre, au plein cœur de sa jeunesse. Et c’est ce cœur qui l’a bêtement lâché à l’orée de tout et surtout de ces lendemains qui chantent. Mais un chanteur ne disparaît vraiment que quand on cesse de l’écouter, quand on arrête de l’interpréter : c’est dire en cela si Matthieu Côte est toujours parmi nous. Grâce à ses copains chanteurs – Évelyne Gallet, Balmino et tous les autres – qui ne cessent de le convier avec bonheur à leurs tours de chant respectifs. On parle beaucoup d’un album posthume qui pourrait paraître, fait rien que de titres inédits, au moins en disque. Mais l’un des proches de Matthieu, un musicien arrangeur s’y opposerait avec fermeté, l’album n’étant pas tout à fait fini. C’est dommage car il me semble que la mémoire impose de publier en l’état de tels travaux. Côte n’ayant pas eu la notoriété d’un Brel (qu’il adorait), ce n’est pas dans vingt ans qu’un tel CD pourra sortir.

Matthieu Côte (photo A. Hauteroche)

Matthieu Côte (photo A. Hauteroche)

On retrouvera avec un rare plaisir Matthieu dans sa chanson Qu’est-ce qu’ils sont cons (un inédit discographique) captée au Ninkasi à Lyon le 28 Avril 2009, sur le site du défunt chanteur : http://www.matthieucote.com Du grand art !

27 septembre 2009. Étiquettes : . Chanson sur Rhône-Alpes, Saines humeurs. 2 commentaires.

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