Chez Jeanne et Georges, impasse Florimont…

Sans être nullement l’organe officiel des « Amis de Georges », NosEnchanteurs relaie fidèlement l’actualité Brassens. Et dieu seul sait que l’année 2011, celle où Brassens fête ses quatre-vingt dix ans, où ses vers attitrés fêtent, eux, trente ans de ripaille, est copieuse. Pour d’autres artistes on friserait l’indigestion. Mais c’est Georges Brassens et on ne s’en plaindra pas.

Il y a peu, je vous parlais de Michel Trihoreau et de sa conférence sur Brassens. Avec, comme ce fut le cas à Prémilhat avec Michel Grange, l’apport ponctuel d’un chanteur venant rythmer le docte exposé. Exposé, c’est presque ce que fait Michel Arbatz, dans un spectacle remarquable sur l’homme à la pipe. Ça se nomme « Chez Jeanne (la jeunesse de Brassens) ». Je n’ai pas vu le spectacle mais comme Arbatz a eu le bon goût d’en faire une version discographique, je peux vous en dire le bonheur. Onze titres de Brassens, c’est bien le moins, et d’autres chansons et textes pour vous narrer l’itinéraire du créateur de Pénélope et de La tondue, de Pauvre Martin et de La femme d’Hector. Comment d’ailleurs qualifier tel spectacle ? Une conférence chantée ? C’est déjà pris. Une chanson conférencée ? Peut-être. Ce avec la voix chantante d’Arbatz qui vous conte Brassens comme on le ferait devant la veillée, où lors d’un repas animé, avec les auditeurs aux gros yeux qui avalent les mots. Arbatz ne parle que de la jeunesse du Georges, de sa famille, de l’école et de Bonnafé, des petits forfaits pour offrir aux filles des fleurs… De l’enfance sétoise à chez Jeanne, à Paris, jusqu’à la Libération. Ça s’écoute sans faim ni fin. C’est l’un des plus beaux cadeaux de cette année « Brassens ». Le site de Michel Arbatz, c’est ici.

Je vous avais parlé de la sortie prochaine du Brassens du duo Alcaz. L’album est depuis sorti. Et c’est autre plaisir. Vous connaissez Jean-Yves Liévaux et Vyvian Cayol, ce duo d’amour qui enchante chaque scène leur étant offerte. A cet amour ils ajoutent aujourd’hui leur admiration pour Brassens, mêlent les deux et en font leur quatrième opus. Vent fripon est une sélection amoureuse de Brassens, puisant dans ses chansons tendres telles que Le parapluie, La non demande en mariage, J’ai rendez-vous avec vous, Les amoureux des bancs publics (même sur la pochette) ou Je rejoindrai ma belle. C’est grand respect de la part d’Alcaz, certes, ne les empêchant toutefois pas de bousculer Brassens par des orchestrations différentes, parfois même, sur Le boulevard du temps qui passe, en substituant la musique de l’ancêtre par un électro-song d’un jazzman marseillais, John Massa. « Nous voulions transmettre à tonton Georges notre plaisir à nous amuser et lui proposer une belle place entre Vyvian et moi ! » dit Jean-Yves Liévaux. C’est réussi ! Le site d’Alcaz c’est là.

Troisième Brassens dans ma boite aux lettres, A la rencontre de Georges Brassens, du trio Callipyge. Le disque n’est pas tout jeune (il remonte à 2003) mais la formation existe toujours et plus que jamais. Le chanteur est Renaud Jeune (c’est son vrai blaze) qu’on connaît aussi et surtout sous le pseudo d’Erwens (dont on a sur ce même disque un échantillon perso, par une de ses propres chansons). On y retrouve aussi ce Boulevard du temps qui passe parmi une sélection menée tambour battant, swinguant même. Un délice musical même, où la voix de Jeune se pose, naturellement, belle et respectueuse, comme dans un écrin. A noter le dernier titre, qui n’est autre qu’un bêtisier pour le moins sympa, tiré du Roi des cons. Le site d’Erwens, c’est là.

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13 novembre 2011. Étiquettes : , , , . Lancer de disque. 2 commentaires.

ArbatZ de A à Z

Qui observe le monde et ses pitoyables gesticulations, parfois ses avancées, a devant lui une matière incroyable, toujours renouvelée, pour rédiger sa prose, écrire ses vers, composer ses p’tites chansons. Qu’il ne s’en prive surtout pas ! C’est ce que fait Michel Arbatz dans sa nouvelle livraison discographique, très bel opus qu’il développe De A à Z. Tout lui en somme, « de fond en comble, de la cave au grenier », où, par une livraison de chansons nouvelles, le chanteur s’expose aux « petits bobos qui (l)’encombrent ». Et y va gaiement. Arbatz pointe, vise et parfois tire. C’est joyeux cartons. Tout y passe ou peu s’en faut. De la disparition des abeilles à la grande finance, d’une Jérusalem partagée à l’obscurantisme qui reprend du poil de la bête (immonde), du somptueux cul d’une esclave aux flatulences des bovidés, de franquistes canonisés à nos zones urbaines sensibles… Sur Benoît XVI aussi : « Étonnez-moi / Benoît / Dites des mots intelligents / Ayez quelque égard pour les gens… ». La voix claire et puissante de Michel Arbatz nous est rare (onze galettes en quarante ans… plus il est vrai quelques bouquins) et pour le coup forcément précieuse. Les voix plutôt, selon qu’il chante, parle ou slame. Selon qu’il se la fait Tachan ou Nougaro, selon qu’il oscille entre Vian et Lapointe, selon qu’il nous chante des refrains tendres et amoureux ou valse mots et onomatopées mêlés… On saluera aussi comme il se doit Olivier-Roman Garcia, perle de guitare et sacré complice, au phrasé musical chaud et nerveux.

Par ailleurs (et entre autres) auteur, Michel Arbatz vient de sortir Le Maître de l’oubli, publié aux éditions Le Temps qu’il fait.

Michel Arbatz, De A à Z, 2009 Zig-Zags/Mosaïc Music

Le site de Michel Arbatz. http://www.michelarbatz.com

21 décembre 2009. Étiquettes : . Lancer de disque. Laisser un commentaire.

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