Natacha Ezdra, sa France, sa montagne, son Ferrat

Doublement adoubée, par Jean Ferrat lui-même de son vivant et par la commune d’Antraigues-sur-Volanne, partenaire de ce disque, Natacha Ezdra ose toucher le sacro-saint patrimoine, ce que d’autres avant elles ont essayé avec des succès fort divers. La tâche est difficile, de telles chansons ayant depuis longtemps laissé l’indélébile timbre de Ferrat au creux de nos oreilles. Disons-le tout de go, Ezdra s’en tire fort bien, d’autant plus que la prise de son est « en public » (à Antraigues, Barjac, Grenoble et Paris), exercice casse-gueule par excellence. Belle voix, évidente passion, énergie à partager que les sillons retiennent et nous restituent fidèlement, l’entreprise est non seulement louable elle est de plus franchement réussie. Au passage, Ezdra réintègre dans la maison Ferrat ce que le sage d’Antraigues avait musiqué pour Daniel Guichard, Mon vieux : ça ne dépare pas de l’ensemble, bien au contraire. Le choix des titres (18 chansons, pour plus d’une heure d’écoute) est certes assez convenu mais agréable. Aux grands classiques (Ma France, Nuit et brouillard, La Montagne, Camarade…) s’adjoint d’autres moins en vue, comme ce Tu verras, tu seras bien magnifiquement interprété. Et ces deux chansons écrites par Henri Gougaud, Un jour futur (qui donne son sous-titre à l’album) et La Matinée, ici en duo avec Serge Utge-Royo, pilier s’il en est d’Édito Musiques. Du très bon boulot.

Natacha Ezdra chante Jean Ferrat, Un jour futur, 2010, Édito Musiques/(rue stendhal) ; le site de Natacha Ezdra, c’est là. En concert le samedi 21 avril 2012 à Viricelles (Loire) et le dimanche 22 à Autun (Saône-et-Loire). Ce billet est précédemment paru sur Le Thou’Chant.

10 avril 2012. Étiquettes : . Lancer de disque. 9 commentaires.

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