Olivia Ruiz, à croquer

Retour d’Olivia Ruiz au festival stéphanois, quelques mois après sa venue dans la salle proche du FIL. Cause à notre gourmandise, on ne boudera pas telle fréquence…

(archive extraite du portfolio du quotidien belge Le Soir. Photo Sylvain Piraux)

Elle est gitane, en rouge et en noir. A tout de suite bondir, bouger, d’emblée rock, donnant ainsi la tonalité du concert. « Allez reviens à la maison / J’te f’rais des crêpes aux champignons… » C’est pas que la môme Ruiz, notre Esméralda du disque, fasse plus que d’autres dans l’alimentaire, mais force est de constater qu’elle commence son show par ces crêpes-là et qu’elle le finira barbouillée de chocolat. De là à dire que sa chanson prend de l’embonpoint, bon point. Bon, quand je dis rock, c’est un mix, mais ça en a les atours plus que les fondements. C’est tout aussi parfois espagnol et western, Morricone… Tout est brassage, tout est partage. Ça ne monte pas en puissance : c’est fort tout le temps ! Et agréable, paradoxalement doux à l’oreille. Elle fait chaud show, à grand renfort d’effets de lumière et de musiciens à pléthore. Dommage cependant qu’elle n’utilise pas vraiment les ressources d’un décor mi baroque, mi barjot, brocante à l’exacte dimension de ses chansons, duquel trône un gigantesque miroir en forme d’hymen. On aime Olivia Ruiz pour sa fraîcheur, sa voix acidulée, ce timbre à nulles autres pareil. Et, vraiment, cette énergie de tous les instants, que Duracel ne renierait pas. L’inspiration de la dame est très amoureuse, très filiale aussi : on feuillette avec elle en permanence le familial album, fut-il en des heures pénibles, quand maman renonce au tabac. A l’époque aussi où « Papi, mamie, tonton André et toutes ses pépées / A mes p’tits soins, à m’pouponner. » C’est fou comme ces confessions nous la rendent proche, cette femme-chocolat qui fait dans une variété d’auteur haut de gamme, abolissant agréablement les frontières de la chanson. A l’entendre, à la voir en scène, on se dit que tout ne tient pas forcément aux seuls textes, aux seuls souvenirs, non. Mais à une façon de les amener, de les porter. Et à cet évident respect qu’elle porte au public, de l’amour à n’en pas douter. A ce côté gamine, pas lolita, qu’elle traîne dans ses chansons, dans sa dégaine, dans sa grâce même. On ne se lasse pas d’Olivia Ruiz, ‘doit y avoir en elle un peu de l’élixir de notre éternelle jeunesse.

Le site d’Olivia Ruiz.

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14 mai 2010. Étiquettes : . Mes nouvelles Nuits critiques. 1 commentaire.

Les Weepers sonnent l’heure de la récré

Ça doit être tendance, le temps d’un cédé, d’offrir son art aux mômes, un peu comme un dû à sa propre enfance, donner aux tout petits ce qu’on n’a peut-être pas eu nous mêmes. Après entre autres les Ogres de Barback (coutumiers du fait) et Dan ar Braz… voici nos alsaciens des Weepers Circus. Si Dan ar Braz fait sonner celte et folk ses reprises de chansons enfantines, les Weepers y trouvent un indiscutable son à dominante rock qui leur va si bien et alimente leur commerce. Avec un répertoire puisé lui-aussi dans les cours d’écoles, tant que ça s’appelle A la récré. Les Weepers aiment bien inviter en temps normal sur leurs disques des tas des gens. Là, ils ne s’en privent pas. Ainsi Didier Lockwood y secoue l’archet sur Trois p’tits chats : c’est pour le moins dansant, virevoltant ! Roger Siffer y offre tant une de ses chansons que sa voix. Olivia Ruiz, qui a son rond de serviette chez les Weeepers, y chante, en VO, Petites boîtes, célébrées chez nous par Graeme Allwright. Juliette, la divine et diva, héliconne Boby Lapointe comme pas deux, et c’en est d’un drôle ! Y’a pas qu’eux : citons Caroline Loeb, Christine Ott, Isabelle Lux, Sabrina Rauch, Frédérique Bel, Agnès Bonfillon, Emma Daumas… Chacun, chacune y apportant sa touche, son timbre qu’oblitère la musique des Weepers qui sait aussi se faire folk ou rockabilly.
Des chansons du répertoire certes (Lundi matin, Au clair de la lune…) mais aussi de pures créations weepériennes qui méritent tout autant leur entrée dans les écoles. Comme Mes p’tits indiens, qui secoue sa squaw et vaut son pesant de scalps.
Reste que l’invité principal est le dessinateur Tomi Ungerer. Pas directement mais les Weepers ont eu son accord pour puiser dans ses (innombrables) réserves de dessins et en tirer les images qu’ils voulaient. De la poule ou de l’œuf, des chansons ou de ces images, qui a influé sur qui, on ne sait, toujours est il qu’il y a osmose entre les deux. Car, j’allais presque oublier de le dire, ce disque est un bouquin, un beau livre comme on dit, un album d’images avec les textes des chansons et, bien sûr, le cédé qui va avec. Si vraiment vous êtes en panne d’imagination pour le proche Noël, il n’y a guère mieux sur le marché des cadeaux,des vrais de chez vrai.

Weepers Circus, A la récré, livre-cd, 2009, Éditions Éveil & découvertes, EPM.

3 décembre 2009. Étiquettes : , , . Lancer de disque, Pour les mômes. Laisser un commentaire.

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