Qui, Louki ? Non, Perret !

La parution, ces jours-ci, du livre Si les chansons m’étaient contées de Frédéric Zeitoun aux éditions Jean-Claude Gawsewitch (livre qui sort à l’occasion d’un spectacle musical sur les secrets des chansons, intitulé Toutes les chansons ont une histoire, au Théâtre Le Trianon à Paris, du 22 septembre au 18 octobre 2009) me donne l’occasion de sortir du tiroir un joli secret lié à une chanson, Les Jolies colonies de vacances, chanson qui n’est pas reprise dans le bouquin de mon confrère Zeitoun.

Lettre de vacances031
La « Lettre de vacances » de Pierre Louki ©1964 by Société anonyme des Éditions Ricordi

C’est Marcel Gotlib qui, lors d’un entretien pour Chorus, me parlait ainsi de l’ami Pierrot : « Chez Pierre Perret, c’est un paradis. Vous y êtes déjà allé ? Sa maison, quand il la montre, il dit : « De là à là, c’est Le Zizi ; de là à là, c’est Ouvrez la cage aux oiseaux… » ». Et cette autre pièce cossue, là, c’est sans aucun doute Les jolies colonies de vacances, tant il est vrai que cette chanson fut, à l’époque de sa sortie, en 1966, et pendant des lustres, comme un hymne national. Et une belle et solide rente pour l’artiste. Je fus colon dans ces années-là et me souviens sans mal de cette chanson reprise à tue-tête, entonnée en d’interminables randonnées, cœurs vaillants et cœurs chantant, un peu comme un constant défi aux monos, une transgression autorisée. Merci Pierrot !
Il y a peu, rumeurs et reportages (Le Nouvel Obs, Le Figaro…) nous ont apportés une autre image, une autre idée de Pierre Perret, nettement moins amusante. Inquiétante même. Sur ses vérités qui n’en seraient peut-être pas. Sur ses rapports avec Léautaud, avec Brassens…
Pas sur Pierre Louki, grand ami de Brassens par ailleurs, et c’est dommage. Ou alors ce n’était dit pas très fort. Et pas relayé par les médias. Voici une chanson de feu Louki (1920-2006), enregistrée à la Sacem en 1964, qui ne connu aucun succès, cause, semble-t-il, à une musique peu appropriée, tirée de La Danse des heures d’Amilcare Ponchielli. Chez Louki, la chanson se nomme Lettres de vacances. Rien que la lecture vous fait penser à une autre et célèbre chanson :

Mes chers parents j’écris ce mot
Depuis le camp du « Bord des flots »
C’est bien situé et puis c’est chouette
On a la mer à moins de trente-cinq kilomètres
Pas besoin de réveil-matin
Tout à côté il pass’ des trains
Quand le train siffle c’est pas gênant
La chef’tain’fait beaucoup plus de bruit en ronflant (…)

Tout est à l’avenant. Sur les monos, l’hygiène, la bouffe, l’air à respirer, sur tous ces menus soucis qui rendent verts les parents à la lecture de la lettre du môme…
Louki, Perret… Pas de commentaires à faire là-dessus, vous êtes bien assez grands. Tout juste émettre l’idée que, sinon une aile, au moins une pièce de la propriété Perret aurait pu s’appeler Pierre-Louki, en évidente reconnaissance du ventre…

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11 septembre 2009. Étiquettes : , , . Saines humeurs. 5 commentaires.

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