Luce, Dorémus, HK, le triple AAA !

Renan Luce, Benoit Dorémus, Alexis HK (photo DR)

« Seuls à trois », dimanche 6 novembre, Les Oreilles en pointe, Le Quarto à Unieux,

Triple AAA à l’amitié, l’amour, la joie… A Renan Luce, Benoit Dorémus et Alexis HK, qui fêtent leurs retrouvailles, dans ce « Seuls à trois » de pure anthologie. On dit ce métier égoïste, cruel. Du chacun pour soi, rien pour les autres. Eux n’ont pas dû retenir cette élémentaire règle du showbiz, jeunes étourdis qu’ils sont, et n’en font qu’à leur tête. Ils sont copains comme cochons, en ville comme à la scène. Et le montrent. Là, ils sont dans la garçonnière de Benoit, meublée sans trop de meubles qu’ils meublent de guitares et en chansons. Les leurs, qu’ils chantent perso, qu’ils se prêtent ou qu’ils combinent, en solo, en duo, en trio. Et parfois d’autres, pour mieux se définir à trois : de Boris Vian (J’suis snob) et de Renaud Séchan (Je suis une bande de jeunes). Ils se font plaisir et savent bien le cadeau qu’ils nous font. Tant que c’est d’abord et avant tout leurs succès respectifs qu’ils se mettent en bouche : Repenti, La lettre, Le Clan des miro ou Les voisines pour Renan ; C’que t’es belle, Les affranchis ou La (fameuse) Maison Ronchonchon pour Alexis HK. Moins évident pour Benoit (T’as la loose, Deux pieds dedans…), déficit de notoriété, qui comble vite fait ce handicap, d’abord en se présentant : « Mon style, c’est pour pas qu’on m’le fauche / J’écris faux, je chante de la main gauche ! ». Car il n’y a pas ici une star et deux de ses collègues. Y’a que l’amitié, trois fois l’amitié, sans nul calcul ni stupide hiérarchie. Et ça se sent, c’est tout une salle faite d’amitié. A qui, chacun des trois offre une nouvelle chanson, toute fraîche, pas encore gravée, comme on offrirait des fleurs ou des bonbons. De ce récital commun, ces sangs mêlés, on en retient son lot déjà mémorable de duos, de trios. Et trois bonhommes formidables, humbles et facétieux, des potes. Qui dépotent et débitent. On s’imagine que ceux qui ne seraient venus, simple hypothèse, que pour Renan Luce, sont repartis avec deux autres et non des moindres, que l’horizon s’est élargi. Rien que pour ça, messieurs, grand merci !

Quitte à se prendre pour une agence de notation, décernons haut la main le Triple AAA de la connerie à mes voisin et voisines qui, tout au long de la belle prestation, en première partie, de Jim Yamouridis, parlaient, blaguaient, caquetaient. Et le monsieur de faire le coq à ses dames, étalant sa culture bas de gamme. Et le même de consulter internet sur son portable, pour se renseigner sur ce Yamouridis : « Ah ! c’est un australien ! » Eh, Ducon, il est là le chanteur, devant toi, sous tes yeux avachis ! Et tu m’empêches de bien l’apprécier. Si tu ne sais pas te conduire à un concert, si l’élémentaire respect t’est étranger, abstiens-toi ! Y’a la télé pour toi, avec plein de programmes pour les boeufs. Tiens, y’a Drucker à cette heure-là !
Ceci dit, je ne parlerai pas ici de Jim Yamouridis, de peur de faire redite. Et vous renvoie à ce que j’en avais écrit il y a deux ans, aux mêmes Oreilles en pointe. C’est ici, vidéo inclue.

Publicités

7 novembre 2011. Étiquettes : , , . En scène, Mes nouvelles Nuits critiques. 6 commentaires.

Portfolio : Paroles et Musiques

Bruno Langevin est arrivé un beau jour à Paroles et Musiques, il y a de longues années, cause à un rendez-vous fixé par un artiste, pour des photos justement. Il y est resté et, fidèlement, est devenu le photographe, sinon officiel au moins officieux, de ce festival stéphanois. Voici une petite, toute petite sélection de son grand art… Dans l’ordre : Éric Toulis, Renan Luce, Imbert Imbert, Jeanne Cherhal, Loïc Lantoine, Soan, Agnès Bihl et Madjo.

23 mai 2010. Étiquettes : , , , , , , , . Portfolio. 1 commentaire.

Le bon format de Renan Luce

19 janvier 2010, Le Majestic à Firminy

Un Renan Luce des plus précieux… (photo DR)

Cause à son trop grand succès, vous ne risquez guère d’applaudir Renan Luce ailleurs que dans une très grande salle, ces parties zénithales du chaud bizness. Dommage. C’est dire si sa prestation au cinéma-théâtre Le Majestic de Firminy fut hier un bonheur, un cadeau du ciel. Sept cent places, pas une de plus, guichet fermé depuis des lustres, le chanteur à quelques mètres de vous. Et cette communion, cette osmose, cette ferveur, cette chaleur entre les artistes et vous, tant qu’au bout du compte, en fin de concert, vous ne faites plus qu’un, intimement, chaleureusement. Luce en concert, c’est l’intégrale de ses deux albums, que le public connaît sur le bout des doigts, sur le bout de la langue. Avec ses moments de bravoure, ses standards érigés au rang de tubes, au statut de déjà monuments : Les Voisines, La Fille de la bande, La Lettre« J’ai reçu une lettre / Il y a un mois peut-être / Arrivée par erreur / Maladresse de facteur / Aspergée de parfum / Rouge à lèvre carmin / J’aurais dû cette lettre / Ne pas l’ouvrir peut-être… » C’est tendre, ludique, parfois gentiment coquin, à peine rebelle, de la belle construction qui relie et unie les générations. Car Renan Luce, c’est du Tintin, de sept à soixante-dix sept ans. De toute façon ça parle à tout le monde. Gueule d’amour, il est le copain, l’ami, le gendre idéal (demandez à Renaud ce qu’il en dit…). Qui tente de se faire un tantinet rockeur. Même si dans son costume noir, taillé serré, ça le fait pas, pas la posture. Même si certaines de ses chansons ne le supportent pas. C’est là d’ailleurs et seulement là où le bât blesse quelques fois : trop d’orchestration, trop d’instruments sur des ballades qui ne requiert finalement que la simplicité des cordes d’origine. Ainsi Repenti, superbe car accompagné uniquement à la guitare. Comme le repentir, justement, d’une débauche d’instruments sur les autres titres. Par des musiciens d’ailleurs joliment complices, étonnements doués, jonglant parfois d’un instrument l’autre, clavier comme percussions, ukulele ou tout autre truc à sons. Les plus beaux moments seront ceux où, Renan et ses complices, tous sur le devant de la scène, font band en un folk-swing chanté qui n’est pas sans rappeler une récente formation de Sanseverino. Là Luce tient le bon format, le magnifique écrin. Tout le reste à venir n’était alors que du bonus, du rab, du surnuméraire, du bonheur pour une salle entière debout, à célébrer l’artiste et ses musiciens, à ne plus les quitter. Ça fait déjà partie de nos grandes heures, de nos plus belles scènes.

20 janvier 2010. Étiquettes : . Mes nouvelles Nuits critiques. 1 commentaire.

%d blogueurs aiment cette page :