Dis ! Pourquoi tu chantes ?

J’ai souvent pensé que, sur certains journaux et magazines (je n’en citerai aucun, mais ça me brûle les lèvres et les doigts sur le clavier), une interview remplaçait avantageusement un article de fond, rédigé, où il faudrait alors penser son écrit, comprendre l’artiste, analyser son parcours, son œuvre, dégager des enseignements, profiler une philosophie. Une interview peu avantageusement économiser de tels efforts. Même mal menée, même creuse, elle offrira toujours de quoi remplir ses deux ou trois feuillets, de quoi mériter sa pige. C’est dire si je suis réticent à lire certaines interviews qui ne vous apportent rien de plus que ce que vous savez déjà. Et si cette interview est en pleine actualité, en pleine promo de l’artiste, soyez certains que les concurrents en tireront la même matière, les mêmes anecdotes, identiques confessions, au mot près.

Le Cirque des Mirages (photos Tit)

Si je vous parle d’interviews, c’est pour vous présenter ce livre, Dis ! Pourquoi tu chantes ?, tout juste sorti des presses des éditions Tirésias. Un imposant pavé de 464 pages, fait rien que d’entretiens, juste entrecoupés par d’élégants portfolios. De l’interview au kilomètre, oui, mais pas n’importe quelles interview et c’est là tout l’intérêt. C’est aller vraiment au cœur de l’artiste, dans le microprocesseur de la création, dans le mystère de l’art.
Ce gros livre succède aux deux précédents : Elles et Eux et la chanson (2008) et Portraits d’humains qui chantent (2009) chez le même éditeur. Nouveau lot d’artistes pour nouveau tome, avec, cette fois-ci : Alcaz, Batlik, Alex Beaupain, Le Cirque des Mirages, Daphné, Alice Dézailes, Féfé, Manu Galure, Alexis HK, Imbert Imbert, Karimouche, Tchéky Karyo, Mell, Sandra Nkaké, Thomas Pitiot, Oxmo Puccino et Carmen Maria Vega. Joli festin avec ces artistes qui mettent tout sur la table et s’interrogent sur le processus de création et sur leur place dans la chanson, leur rôle de chanteur.
Dois-je vous dire que ce livre, comme les deux précédents, est remarquable. Qu’ici on ne remplit pas des pleines pages de verbiage. On ausculte la chanson, on prend le pouls des chanteurs. Et on en apprend, pour mieux aimer encore ce genre et celles et ceux qui font vivre le chanson. Deux journalistes et un photographe font ce boulot-là, réconciliant ainsi le journalisme et la chanson : soyez certains que des pros de cet acabit, de cette trempe, sensibles et compétents, ne sont finalement pas si nombreux.
A s’offrir sous le sapin entre passionnés de chanson.

Michel Reynard, Véronique Olivares, Tit, Dis ! Pourquoi tu chantes ?, déc. 2011, Editions Tirésias, 30 euros.

Alex Beaupain

Extrait de l’entretien avec Alex Beaupain : « Ce genre de bouquin est sans flatterie aucune, pour moi c’est essentiel. J’ai lu énormément de bouquins et de biographies sur la chanson parce que j’ai toujours besoin de me situer dans l’histoire de la chanson, pour prendre un terme un peu pompeux. Quand j’écris et dans ce que je fais, j’ai besoin d’être un chanteur qui a de la mémoire, c’est-à-dire que j’ai besoin de citer dans mes textes ou dans ma musique, des chanteurs que j’ai aimés. C’est une façon de faire de la chanson qui me plait et c’est aussi pour ça, quand je parle, que je suis très prudent parce que, quand je lis des entretiens sérieux de chanteurs ou de chanteuses, profondément ça m’intéresse, c’est important pour moi de savoir comment ils écrivent, comment ils exercent leur métier parce que ça me nourrit. Donc c’est ce qui explique ma prudence, j’aimerais bien que ces entretiens de certains chanteurs ou chanteuses, qui ont pu m’éblouir, ne soient pas des moments où ils ont raconté n’importe quoi, un après-midi, alors qu’ils pouvaient raconter autre chose le lendemain. »

14 décembre 2011. Étiquettes : , , , , , , , , , , , , , , , , . Biblio. 2 commentaires.

Barjac (3) : Marianne Aya-Omac, Jofroi

Dimanche 31 juillet, le château

Après une rapide migration vers le château, une longue attente devant les grilles obstinément fermées (mais ça permet d’intéressantes conversations avec d’autres fondus de chansons), Jofroi nous communique le nom des lauréats du prix Jacques Douai 2011. Il s’agit de Nathalie Fortin, la pianiste attitrée de Gilbert Laffaille et de Francesca Solleville… mais pas que !

Le deuxième lauréat est Gilbert Laffaille lui-même. Le hasard fait bien les choses… et il paraît que c’est vraiment un hasard !
Et puis un hommage sera fait à Marc Chevalier, du duo « Marc et André »… mais pas que !

Marianne, le triomphe faite femme !

Il est pratiquement 22 heures quand nous pouvons enfin écouter la première partie du spectacle du soir : Marianne Aya Omac.
Une Montpelliéraine (en fait, l’ex chanteuse du groupe Ginkobiloba) qui emballe tous les spectateurs, pourtant blasés, de Barjac. Longues minutes d’applaudissements à la fin de chaque chanson, rappels, ovation debout : la belle met le feu et est adoubée « vedette » par un public réputé « difficile » ! J’ai peu d’infos sur son parcours, à part ce qu’elle en dit pendant le spectacle et ce qui figure sur son site, mais je peux dire que c’est dans ce qu’elle propose que se trouve un des futurs de la chanson « populaire » : rythmes, voix, textes… tout est innovant et plaisant et entraînant. Elle me fait penser, dans un registre différent, à Karimouche, une autre jeune chanteuse qui explore des voies (des voix) différentes. La voix, les textes (en français, en anglais, en espagnol, en « trompette ») de Marianne sont davantage formés par le gospell et le spectacle de rue, les rythmes tziganes que ceux de Karimouche. Mais son charisme réunit toutes ces influences et les fédère sous la bannière d’un message humaniste de paix et de fraternité. La « femme-trompette » a encore des surprises pour nous… c’est du moins tout le mal que je nous souhaite !
Et là, Joëlle est d’accord avec moi : « En entendant Marianne, on se demande comment elle peut gérer cette extraordinaire puissance vocale… Puis on renonce à s’interroger, tant elle sait nous embarquer avec elle. »
Tout ce qu’on peut lui souhaiter, c’est de trouver d’aussi bons auteurs que cette « Françoise », une habitante de son village, qui a écrit le texte d’une des dernières chansons que Marianne nous a interprété. Comme le dit Bernard Joyet : « Là, j’ai eu les poils des bras qui se sont hérissés… et ça n’était pas parce que j’étais trop près de l’écran de la télé ! »
Un autre texte, « Homme Femme », paroles et musique Marianne Aya Omac : « Derrière chaque couleur / Derrière chaque apparence / Derrière toutes nos différences / Se cache une vérité / Nous sommes tous et toutes / Les perles d’un même collier / Toutes unies par le même fil / Le fil de la vie / Nous avons tous et toutes / La même responsabilité / De choisir, d’agir / Pour l’avenir / Et pour la paix / Nous avons tous et toutes / Le même rêve secret / Le même rêve sacré / De nous réaliser en toute dignité. » (NosEnchanteurs avait déjà parlé de Marianne : lire « Que Marianne était jolie »)

Jofroi, maître des lieux et vedette en son chez-lui

Après l’entracte, place au maître de la programmation du festival : Jofroi, qui crée là une dizaine des chansons de son nouvel album. Beaux textes, belles musiques, musiciens très pros, éclairages un peu trop « rouges » à mon goût, et qui ne mettaient pas en valeur la belle chemise rouge de Jofroi… et pour une fois qu’un chanteur ne s’habille pas en noir, c’était dommage de ne pas en profiter !
Le temps s’était mis de la partie : mes deux pulls sont restés sur mon sac !
Bon… puisque mon challenge, c’est de donner mon ressenti, je dirais que Jofroi continue sur le sentier qu’il s’est tracé, et que ses mots, ses textes, sont la continuation de ceux de ses précédents albums. Il reste fidèle à lui-même, dans ses images, sa poésie. C’est bien, c’est « de la belle ouvrage »… mais ça m’a laissée sur ma faim ! J’aime bien être un peu surprise, un peu déstabilisée ou un peu amusée et là, je n’ai pas trouvé cette palette d’émotions. J’ai entendu de la belle poésie, un fleuve calme et puissant qui roule des mots bien policés, alors que j’aurais aimé être aussi vivifiée par un petit ruisseau de montagne, un peu roulée et écorchée sur ses cailloux… surtout avec le torrent d’émotions qui venait de nous secouer un quart d’heure auparavant !
Jofroi a commencé sa prestation en disant « Ça ne va pas être facile ». Je pensais qu’il faisait référence à : prendre la suite de Marianne, mais je crois maintenant qu’il pensait plutôt à son propre spectacle, qu’il créait là, à Barjac, chez lui, devant « son » public. Il s’en est bien sorti, mais le vainqueur du jour du public, ça a été Marianne Maya Omac… que Jofroi lui-même avait découverte avant nous, puisque c’est lui qui l’a programmée ! Tu quoque mi fili !

Thomas Pitiot, chansons généreuses et colorées

Le soir, à la « scène ouverte », il y avait de nombreux inscrits dont quelques connaissances : Martine Scossezi (qui a fait la première partie de Marianne Maya Omac, il y a peu, à Sainte-Tulle), Paul Meslet, Thomas Pitiot… et une douzaine d’autres ! (dont un instit qui nous a interprété un jouissif « tango des mogettes »… des fayots, quoi !)

(suite de ce « Barjac en léger différé » demain sur NosEnchanteurs)

1 août 2011. Étiquettes : , , . Barjac, Catherine Cour, En scène, Festivals. 2 commentaires.

Batlik et Thomas Pitiot, l’engageante fusion

Batlik Thomas Pitiot (photo d'archive Pixxxo)

Batlik et Thomas Pitiot, 2 juin 2011, festival Paroles et Musiques à Saint-Etienne,

On pouvait ne pas être totalement convaincu par le disque éponyme qui a précédé cette tournée, La place de l’autre. Pitiot y fait cinq titres, Batlik cinq autres. Et tous deux se partagent Ma môme, de Ferrat. Un disque original certes précieux, mais dont il manquait peut-être la pratique de la scène, et cette fusion qui vient maintenant, puissante, gracieuse, évidente, partage d’arts et de talents comme il est rare à ce point.
C’est un partage, oui. Autant qu’un numéro à deux. La gouaille, tchatche colorée de Pitiot, jamais avare d’un mot, d’une phrase, d’une blague, de considérations sur tout. Qu’on retrouve en des chansons grouillantes de vie, peuplées de monde, du monde entier. Et Stéphane Batlik, grande économie de mots, non dans les cordes mais dans les siennes, à toujours accorder sa guitare, laissant de bon gré Pitiot tenir le crachoir, concédant juste quelques timides bribes…
En fait le choc de deux sensibilités, de deux émotions, simplement pas pareilles dans la forme, une tournée vers l’extérieur, l’autre vers l’intérieur. Mais une seule et quasi indivisible dans le fond. Tous deux sont dans cet « Occident clinique », cet « universalisme en peau de chagrin », tout englué de ces « emmerdes sous le bras / ses problèmes de cœur / ses problèmes de fric / ses problèmes de cul / et d’assedic. » Batlik est simplement plus en voyages intérieurs, explorant par les scansions de son chant le dedans, le tréfonds des gens et des sentiments.
On se dit (c’est facile après coup) que cette rencontre était évidente, non que chacun guigne la place de l’autre, non, mais cette communauté de moyens transpire d’une même vision des choses, de propos chargés de sens, d’une pareille posture face à l’imposture de ce monde. Comme quand Pitiot évoque, avec une violence contenue, Rama Yade, langue de bois et démago qui, toujours, voyage en première : « Tes amis à toi envisagent la négritude dans les charters ». Ou qu’il évoque Le village de ton grand-père où on a jadis tiré sur les tirailleurs qui réclamaient leur dû. » Où qu’il nous compte encore Petite Craquette… Comme quand Batlik lance : « Quand t’auras fait poursuivre / basanés, pauvres et coléreux / pour que Oui-oui puisse vivre tranquille au pays des vertueux… » C’est pareil, seule la singularité, la patte des mots, les pleins et les déliés diffèrent, pas le regard. Le rendu, pas le ressenti. Le sang qui globule et bout dans leurs veines est le même, leurs guitares sont semblablement machines à tuer les fascistes. Chacun chante ses propres textes, certes, mais chacun abonde dans l’univers de l’autre, chacun ramène sa science et son art dans les portées de l’autre, chacun prend, un peu, la place de l’autre. Pour mieux se situer sans doute dans ce monde où nous-mêmes cherchons notre place, notre utilité.
Il y a en ce récital l’amitié, la complicité, le respect, l’écoute… Et deux guitaristes doués à l’envi. Tout ce qu’on savait déjà de Stéphane Batlik et de Thomas Pitiot est là, dédoublé, démultiplié. Aucun des deux ne joue ici une part de carrière dans ces lendemains qui chantent ; ils font simple addition de leurs combats, de leurs voix. Ils ont envie d’être ensemble. Et le sont. Total respect, messieurs.

5 juin 2011. Étiquettes : , . En scène, Mes nouvelles Nuits critiques. 2 commentaires.

Des mains de chômeurs…

Si on tient la chanson pour pure futilité, un tel sujet lui serait étrange, étranger, incongru. Si, par contre, la chanson peut être aussi le reflet de nos vies, de nos préoccupations, le chômage en est alors, en ce libéralisme effréné, absent de toute humanité, de toute dignité, une source d’inspiration hélas de plus en plus féconde.
Tour d’horizon très partiel de ce sujet, dont les propos se passent de commentaires…

"Y'a d'la poésie dans les usines"

« Mon pote yoyo m’a répété hier au soir :
« Vas-y bonhomme, écris nous une chanson d’espoir »
J’ai ouvert la fenêtre, cherché l’inspiration
Mais la grisaille du temps qui court ma refilé le diapason.
J’aimerais que mes thèmes riment avec SACEM
Mais mes lignes mélodiques riment avec ASSEDIC »
Chanteur chômeur, Thomas Pitiot, 2001

« T’es trop vieux, t’es trop encombrant,
Je n’ai plus de travail pour toi.
Mon vieux, il est grand temps
De ranger tes outils et de rentrer chez toi.
Si tu étais plus jeune, j’aurais pu
Te recycler, c’est dommage.
Mais ça ne serait que de l’argent perdu :
On n’apprend plus, à ton âge »
Monsieur Saint-Pierre, Michel Bühler, 1973

« Les hommes de la ville ont vieilli cet été,
Les muscles inutiles, c’est si lourd à porter !
Ils partent le matin aux petites annonces,
Où l’on se retrouve cent quand il faut être deux.
Ils reviennent le soir, et leurs femmes renoncent
A chercher la réponse dans leurs yeux. »
Le chômage, Francis Lemarque, 1973

« Il se décide à traîner
Car il a peur d’annoncer
A sa femme et son banquier
La sinistre vérité.
Etre chômeur à son âge,
C’est pire qu’un mari trompé.
Il ne rentre pas ce soir. »
Il ne rentre pas ce soir, Eddy Mitchell, 1978

Cinquante balais c’est pas vieux
Qu’est-c’qu’y va faire de son bleu
De sa gamelle de sa gapette
C’est toute sa vie qu’était dans sa musette
(…)
De ses bras de travailleur
C’est toute sa vie qu’était dans sa sueur
Son bleu, Renaud, 1994

« Plus besoin de se fatiguer
Quand on adhère à l’ANPE
Quand tout l’monde pointera au chômage
Qu’on s’éclatera comme des sauvages
Les patrons sans leurs ouvriers
Se f’ront une joie d’se licencier – Toujours d’accord !
Et toute la France enfin unie – Et moi aussi chuis d’accord !
F’ra d’l’ANPE son seul parti »
À l’ANPE, Les Charlots, 1979

« J’ai comme des mains sans lendemain
Qui peuvent plus s’en tirer
J’ai comme des mains qu’ont mal aux mains
D’avoir les poings serrés
Des mains de chômeur
J’ai l’impression d’être un malade
Qu’a même plus rien à espérer »
Des mains de chômeur, Francis Lalanne, 1981

« Chômage au fond de la vallée
C’est là la vraie fatalité
Voici qu’en la nuit étoilée
Un sans emploi nous est donné
Séraphin Deudroit il se nomme
Il était cadre et respecté
Aujourd’hui pôvre petit homme
Voilà que tu es licencié
Quand la cloche sonne sonne
C’est à l’Armée du Salut
Que se rassemblent les hommes
Les hommes qu’ont tout perdu
Armée froide qui résonne
En haillons et peu vêtus
Plus de trois millions entonnent
Le chant triste et monotone
C’est la chanson du chôm’du »
Chômage au fond de la vallée (parodie de « Les trois cloches »), Chanson plus bifluorée, 1994

« De tous les côtés, tous les côtés, tous les côtés
De tous les côtés chômage, tous les côtés tous les côtés, dommage »
Chômage, Zebda, 1995

« Chômeur c’est le mot qui me colle a la peau depuis deux ans
Chômeur j’l’ai pas choisi
On m’a viré comme un brigand
J’ai peu du temps qui passe
de l’avenir
Et d’mes enfants qui me demandent
Mais papa c’est quoi chômeur ?
C’est quoi chômeur, c’est quoi ?
C’est l’mal du jour
Je m’demande à quoi j’courre »
Chômeur, Clémence Savelli, 2009

« Chez nous le chômage fait partie de la famille
Comme l’amiante, l’oubli, la silicose et les terrils
Quantités négligeables dont la vie ne tient qu’à un fil
Certains soignent la peur du vide à coup de 21 avril
Mais je me connais je lâcherai pas l’affaire
Je vais piquet de grève comme on pique une colère
(…)
Moi j’ai toujours mes mains d’or
Moi je voudrais vivre encore »
Le Combat ordinaire, Les Fatals picards, 2009

« Un grand soleil noir tourne sur la vallée
Cheminée muettes – portails verrouillés
Wagons immobiles – tours abandonnées
Plus de flamme orange dans le ciel mouillé
(…)
J’voudrais travailler encore – travailler encore
Forger l’acier rouge avec mes mains d’or »
Les Mains d’or, Bernard Lavilliers, 2001

Travailler encore…

« C’est pas tellement que c’était Noël
Ça fait longtemps qu’on y croit plus
C’est pas tellement qu’elles étaient belles
Nos machines mais elles n’y sont plus
C’est pas tellement que c’était Noël
C’est pas tellement qu’elles étaient belles
Dans les aciéries, au fond des mines
Y’a d’la poésie dans les usines
Dans les ateliers, dans les cantines
Y’a d’la poésie dans les usines
Dans le cambouis, dans la calamine
Y’a d’la poésie dans les usines
Dans les outils, dans les machines
Y’a d’la poésie dans les usines (…) »
La poésie des usines, Romain Dudek, 2007

« Quand j’suis arrivé aux aurores
Y’avait plus rien
Plus une machine dans mon décor
Plus de turbin
Ils m’ont pas consulté, pourtant j’étais pas pour
Y’a mon usine qu’a foutu l’camp à Singapour »
Singapour, Frédéric Bobin, 2009

« Non vraiment je reviens aux sentiments premiers
l’infaillible façon de tuer un homme
C’est de le payer pour être chômeur
Et puis c’est gai dans une ville ça fait des morts qui marchent »
Les 100 000 façons de tuer un homme, Félix Leclerc, 1973

 

21 décembre 2010. Étiquettes : , , , , , , , , , , , , , . Thématique. 7 commentaires.

%d blogueurs aiment cette page :