Barjac (12) : Cormier et Barrier sous chapiteau

Reprenons le cours des événements, avec notre Catherine bien nommée : Barjac, donc, pour la relation de la dernière journée festivalière. Feuilleton d’ailleurs très suivi, il suffit de constater le nombre incroyable de connexions depuis une semaine (plus de 1600 lectures jeudi dernier !), de nouveaux et fort nombreux abonnements aussi. Merci pour cette fidélité. A vous maintenant de faire connaître plus encore ce blog. D’un simple clic de souris, vous pouvez le propager utilement sur les réseaux sociaux. MK

De notre envoyée spéciale, Catherine Cour,

Jeudi 4 août : le dernier jour

Voilà que je commence, avec un petit serrement de cœur, la litanie des « dernière fois »… avec déjà l’espoir de revenir en 2012 découvrir ou revoir les artistes que Jofroi et l’association « Chant libre » regroupent pour nous pendant quelques jours. L’édition 2012 aura lieu du samedi 28 juillet au jeudi 2 août. Qu’on se le dise ! (moi, j’ai déjà retenu chez mes logeurs… Inc’h Allah !)

Claude Cormier, un pacte entre amis (ph. CC)

La dernière journée est placée sous le signe du Québec. Ça a d’ailleurs commencé la veille et continué le matin avec la projection de plusieurs films de Richard Desjardins, l’apéritif du jeudi offert par la Délégation Générale du Québec à Paris (dont l’ambassadeur était présent à Barjac) et la programmation de Claude Cormier en première partie du chapiteau, puis la vedette internationale : Richard Desjardins le dernier soir, dans la cour du château.

Sous le chapiteau : Claude Cormier

La plaquette dit qu’il est « pêcheur de métier ». Eh bien il prouve qu’il sait aussi pêcher les mots et les notes de musique ! Mais je demande une deuxième audition, parce que même en ayant beaucoup écouté de nombreux chanteurs canadiens d’expression Française (depuis La Bolduc aux Cowboys Fringants en passant par Robert Charlebois, Ginette Reno, Félix Leclerc, Édith Butler, Gilles Vigneault, Fabienne Thibeault, Lynda Lemay et autres Diane Dufresne ou Pauline Julien) je peine un peu à comprendre certains de ses textes. Par exemple « Un pacte entre amis » (paroles et musique de Claude Cormier) : « On est parti sur un nowhere / Dans une minoune qui a fait la guerre / Deux, trois t‐shirts dans une valise / Pourvu que ça nous déguise / On n’avait pas beaucoup d’argent / S’payer une bière de temps en temps / Voler du gaz dans un Fifth wheels / D’un big shot de la ville / Mais faudrait ben se t’nir tranquille / On a roulé dans les one way / Cruisé les serveuses d’un café / Finir couché à l’hôpital / C’est l’organe qui me fait mal / On aurait voulu travailler / Jouer d’la musique pour s’amuser / Se faire payer parce qu’on fait rien / Comme les politiciens / Mais faudrait ben qu’on s’prenne en main. » Bon, eh bien, c’est pas à la première écoute que je vais pouvoir la chanter en duo avec lui ! Heureusement, s’ils ne figurent pas dans la pochette du CD que j’ai acheté, les textes sont sur son site !

Arrive ensuite une autre « fille de… » et ça commence à m’exaspérer ! J’arrivais à Barjac, droite dans mes bottes et ma carapace de certitudes dont un postulat : le talent, c’est pas génétique (et j’avais de nombreux exemples pour étayer cette assertion) et vlan ! après Anne Baquet et Céline Caussimon (dont je connaissais le talent depuis quelques années déjà), voilà que monte sur scène une troisième artiste qui flanque à bas mes a priori !

Valérie Barrier : du Ricet à la loupe ?

Valérie Barrier. La fille de Ricet. La bouille de Ricet à ses débuts, son sourire, ses yeux, en version féminine (avant la moustache, quoi !). Et puis le poids des mots et le choc des photos, on aurait pu inventer ce slogan pour elle : elle envoie une sacrée claque quand elle chante, quand elle joue (dans le sens « actrice » du terme), quand elle interprète ses chansons que, cette fois, je découvre.
Je me suis laissée emporter par ses mots, j’ai fait la connaissance de « Béni », j’ai mangé un tajine au « P’tit Alger », appris à mourir avec « Le militaire », admiré le courage et l’inconscience du « P’tit costard », sauté avec elle au cou du facteur roux, tellement « C’est bon »… eh, oui, je confirme ! Un récital de Valérie Barrier, c’est bon ! Je regrette simplement de ne pas l’avoir su plus tôt et je vais essayer de m’offrir une nouvelle dose, tant je suis parfois frustrée par le format imposé à Barjac : une heure, c’est souvent trop bref. C’est le cas en l’occurrence. Merci Valérie !

(suite et fin demain)

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7 août 2011. Étiquettes : , , , . Barjac, Catherine Cour, En scène, Festivals. 4 commentaires.

Valérie Barrier, pain Béni de la chanson

Dans la famille Barrier, je voudrais la fille (DR)

Avouez qu’elle a de qui tenir. Sa maman fut une de ces « Parisiennes » de la chanson (vous savez, Il fait trop beau pour travailler, L’argent ne fait pas le bonheur…), quatuor que les moins de quarante ans ne peuvent pas connaître. Son papa (toujours en exercice) est ce chanteur un rien iconoclaste et fantaisiste, ce Ricet à la poupe naviguant sur une chanson décontractée. De l’union d’Anne Lefébure et de Ricet Barrier est donc née un beau jour Valérie Barrier. Qui, hasard ou destinée, est devenue à son tour chanteuse. Ça doit être l’instinct de survie plus que la promesse des joies de l’intermittence : aussi vrai que les chiens ne font pas des chats, les artistes ne savent vraiment faire que des artistes.
Et Valérie chante. Pas précisément dans l’humour ou la gaudriole d’ailleurs. On ne rit pas à l’écoute de Béni, la chanson titre du nouvel album (en lire la critique sur le Thou’Chant). Tout au plus on sourit tendrement, pour faire digue à la pure émotion. Pas du tire-larmes, non, mais un sujet sensible, enfant trisomique qui ne fera pas de vieux os, que Valérie Barrier traite avec une humanité rare et un angle d’attaque plutôt intéressant. C’est un titre parmi d’autres, mais il est symbolique de l’œuvre de Barrier : des textes bien écrits, interprétés avec grand talent. Barrier parle des gens, de ceux de tous les jours, dans une simplicité désarmante, de ceux qu’on croise dans la rue ou au troquet. De leurs émotions et de leurs joies, de leurs tracas, de leur histoire. D’une prise de vie et de voix très classique (elle fut jadis élève du Petit conservatoire de la chanson de Mireille), elle photographie du stylo et restitue au micro d’un grain très fin. Sa chanson sent la vie à plein nez, à plein poumons. C’est de la belle, de l’excellente chanson. Que nous ne pouvons passer sous silence.

Son dernier album, Béni (Mistiroux productions) est distribué par L’Autre Distribution. Le site de Valérie Barrier.

20 janvier 2011. Étiquettes : . Lancer de disque. 1 commentaire.

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