Portfolio : Yves Matrat

Retrouvée dans mes archives photos cette série de clichés d’Yves Matrat, prise il y a environ six ans. L’ex rocker ne s’est jamais assagi. Et toujours se produit avec la même fougue, la même niaque. « Et c’est là, sans doute, le plus grand moment de la soirée. Un Matrat fou, génial, déjanté, en pleine forme, qui rue, chante, éructe, rocke comme c’est pas possible. C’est le grand de chez Factory et plus encore, trente ans de scène au bas mot. C’est magique ! » disais-je sur le numéro 63 de Chorus, au printemps 2008. Notre chanteur de Givors est l’âme du rock, sa fulgurance incarnée. Ces images saisissent un peu de ces instants magiques où l’art de Matrat le dépasse.

On pourra retrouver sur NosEnchanteurs d’autres papiers mettant Matrat en scène. C’est ici.

Le site d’Yves Matrat, c’est là.

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13 août 2010. Étiquettes : . Chanson sur Rhône-Alpes, Portfolio. Laisser un commentaire.

Matrat en récits d’Yves

Il y a pile trente ans, sur la scène de la stéphanoise Comédie, il nous faisait Cache ta joie ! C’était l’époque Factory, son point d’orgue, sa médaille, sa botte secrète, qui, avec élégance, tire de sa manche son Manchette…

Yves Matrat, 17 avril, salle Dorian à Fraisses.

Yves Matrat hier à Fraisses (photo Pierre Charmet)

On se demande à quoi Matrat peut carburer. Quelle essence pour quels sens ? Il déboule en boule d’énergie. Et jamais ne faiblit. Il est folie autant que sensualité, se délectant des mots, des sons, qu’il articule avec précision, avec rare délectation. Matrat est en récits d’Yves, dessinant des personnages sur la toile de la vie, de la sienne, de celles d’autrui, avec le trait ici de Picasso, là de Modigliani, en convoquant d’autres encore pour le plaisir, pour l’hommage, pour illustrer son propos : Rimbaud, De La Tour, Verlaine, Manchette toujours… Des anonymes aussi, comme celui-ci, extrait d’Anatomie du désir : « Il est dessinateur en tatouage / Un licorne sur le cou / Un éléphant sur un genou / Et vers le sexe il fait un coquillage… » Et Georges et Jacques et Léo, tablée de géants, icône entre toutes célèbre, qu’il fait revivre par trois chansons, une pour chacun de ces grands : La non demande en mariage, Le temps du tango et Comment tuer l’amant d’sa femme ?… Dieu que Brel va bien à Matrat ! La scène fourmille de mille noms et grouille d’un seul, d’un Matrat inspiré, admirablement servi par ses deux complices que sont Christian Devaux en basse et contrebasse et surtout, surtout, l’étonnant pianiste Stéphane Vettraino, par de remarquables effluves jazz nimbant ce tour de chant. A la grisaille de ses cheveux, on devine que le public est venu retrouver le Matrat de Factory, de Cache ta joie. L’est pas déçu le public ! Le répertoire est certes différent mais le ton est le même, la posture rock identique, la fougue pareille, plus même. Même dans l’émotion, dans l’amour, quand le chanteur évoque « Mon père avec ses mains d’enclume / Ma mère avec ses yeux d’écume… » En chemise blanche pour entrer en scène, en chemise rouge non pour toréer mais pour évoquer l’ardente Barcelone (est-ce pareil ?), avec ses yeux écarquillés , ses mains ouvertes, ses bras tendus, ses pieds qui foulent et labourent cette scène, ces planches mises à mal de tant de force, Matrat nous fait encore une fois montre de son art, indompté, rebelle au delà des mots, libre comme des notes hors de portée. « Touche pas à ma guitare / J’viens d’y changer son string ! » : Matrat est le probable croisement de Brel et d’Higelin, fruit des amours coupables entre Jagger et Trenet, un fou qui nous console d’une chanson parfois trop sage, souvent trop fade. Qu’il nous revienne encore, toujours en récidive.

Le myspace d’Yves Matrat, c’est .

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18 avril 2010. Étiquettes : . Mes nouvelles Nuits critiques. Laisser un commentaire.

L’eau, la Terre et Michèle Bernard

Bien sûr qu’une rondelle laser ne peut seule sauver cette planète malmenée qui est la nôtre. Reste que toute initiative allant dans le sens du respect de l’environnement doit être saluée comme il se doit. Et relayée, surtout si à l’utilité publique elle allie le plaisir, le vrai…

D’abord réticente, de peur d’être étiquetée « chanteuse pour enfants », Michèle Bernard s’est piquée au vif du travail avec et pour les enfants. Souvent sollicitée par les milieux scolaires et associatifs, elle a pris ces invitations comme étant une chance, une bonne nouvelle, comme « si, tout d’un coup, le public s’ouvrait », comme aussi « l’idée d’une chanson qui relie les individus et les générations ». Un premier disque « pour enfants » est né en 2003, dans la collection « Poèmes & Chansons » d’EPM, avec plein de jolis textes, de Cadou et de Richepin, de Desnos et de Gougaud, de Carême, Jammes, Poslaniec et quelques autres de même tonneau. On connaît moins le livre-cédé Chansons en papillotes, huit titres d’un travail partagé entre artistes de la Loire (parmi lesquels Michèle Bernard, Christopher Murray, Pascal Descamps, Gil Chovet et Yves Matrat) et conseillers pédagogiques en éducation musicale de ce département : non seulement une bien belle réalisation mais aussi, pour les fans, un précieux collector. En voici un autre, cette fois-ci fruit d’un atelier d’écriture qui a vu la rencontre entre Michèle Bernard et des enfants de Givors, dans le Rhône, entre Lyon et Saint-Étienne. Le fil conducteur serait plutôt ru. Un filet d’eau que Monsieur-Je-m’en-fous se plaît à entretenir, robinets grands ouverts, pour le joli son qui plaît à son canari. Un ru, un filet qui peut démesurément grossir en un récit fleuve et se faire tsunami, tout engloutir, les corps et les cris. Qui sait être mer réunissant autant qu’elle sépare deux cultures baignées de Méditerranée. Mer charriant à l’occasion ses boat-people… Qui peut être goutte pendant au nez, pluie ou larmes… Des histoires d’eau co-crées par des gosses, avec le renfort en fin de disque de Jules Supervielle et d’Arthur Rimbaud, beaux tutorats. Un petit bijou en soi, aux textes soignés, aux musiques entêtantes, qui peut être support d’autres initiatives scolaires, de projets de centres de loisirs… Car la goutte d’eau peut devenir histoire-fleuve et une rondelle laser effectivement faire son bonhomme et bonheur de chemin…

Poésies pour les enfants chantées par Michèle Bernard, Poètes & Chansons, 2003, EPM.

Chansons en papillotes, 2007, Éditions musicales Lugdivine, tél.04.37.41.10.40 ; ed.lugdivine@wanadoo.fr

Michèle Bernard, Monsieur je m’en fous, 2008, Enfance et Musique/Harmonia Mundi.

Autre cédé des éditions Lugdivine, en soi estimable, dans une même veine verte : Le Secret d’Ekholo, conte musical pop-rock écolo, écrit, composé et réalisé par Bertrand de Saint-Germain, dont l’intrigue tient en cet argument : « Voici l’incroyable aventure vécue par Kooki, sage lapin en peluche, entraîné par une coalition d’animaux déjantés, à la découverte de la terre et du grand secret d’Ekholo : un secret qui pourrait sauver la terre de la pollution ». Sympa et dynamique.

10 janvier 2010. Étiquettes : , , , , , . Chanson sur Rhône-Alpes, Lancer de disque, Pour les mômes. Laisser un commentaire.

Qui matera Matrat ?

L’ancien leader du groupe Factory mène depuis des lustres une carrière solo un peu trop, c’est dommage, à l’abri des médias. Voici un papier que j’avais fait sur lui il y a quelques années déjà à l’occasion de deux concerts dans le petit village de Viricelles, grand lieu de la scène ligérienne, entre Lyon et Saint-Étienne. Il y est retourné en octobre 2011 (vidéo ci-dessous). En bonus, une seconde vidéo, exceptionnelle, qui nous fait retrouver Factory, à l’occasion de leur première télé, en avril 1980, pour « Jette un sort ». La magie Matrat est pareille, déjà là.

Donnez-lui une scène à la dimension de son talent, Matrat y mettra le feu ! (photo Michel Dieudonné)

Yves Matrat est un insatiable gourmand. De tout sans doute. De la scène, c’est sûr. Qui ne lui est pas souvent offerte, c’est regrettable. Là, il y donne certes le meilleur de lui-même mais plus encore : tout lui ! C’est vraiment tout lui ça. Le chanteur de Jette un sort et de Petit Pablo devait faire, à l’invitation de l’association Vibrevan’z, une simple soirée à Viricelles. Il en a donné deux, à guichets fermés. Deux soirées, six heures de scène et tout Matrat ou peu s’en faut. Ipso facto avec Factory dont il fut le charismatique leader, en s’adjoignant pour l’occasion «Puce» Saïbi, un de ses fidèles compagnons des années rock et le pianiste Stéphane Vettraino, relayés le lendemain par Stanislas Pierrel et Rémy Goutin. Même orphelins de ce groupe, les textes de Matrat gardent une puissance d’évocation incroyable tant il est vrai qu’ils tiennent particulièrement la route. Légende et inventaire par son œuvre solo, ses compos récentes, ses chansons latinos, par Brel et Ferré côtoyés. Ce fut, sinon l’intégrale, au moins la large anthologie d’un artiste en tous points précieux. Matrat est un nègre blanc qui converse en chantant, qui chante en conversant. Il trimbale son âme nomade sur une scène qu’il habite pleinement, qu’il meuble de son chant inspiré et majestueux, qu’il agite de ses amples gestes. C’est un corps qui vibre, une voix scandée, ivre de passion, dans une tonalité forte, pleinement maîtrisée. C’est à lui seul une chanson vivante, inventive, passionnante, prospective, sauvage et libre. Comme un indomptable fauve. Qui matera Matrat n’est pas encore né. Pour en avoir payé le prix, le chanteur au visage buriné est devenu l’expression même d’une liberté en tous points enivrante. Donnez-lui toute scène : il y mettra le feu ! Qui l’a vu sait qu’il en est un des géants.

Le site des Récits d’Yves d’Yves Matrat, c’est là.

25 septembre 2009. Étiquettes : . Archives de concerts, Chanson sur Rhône-Alpes. 1 commentaire.

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