Zedrus en Or

Zedrus (photo Athos99)

Nous en parlions la semaine passée sans savoir qu’il serait en haut de l’affiche lors du weeek-end. L’helvète Zedrus vient de remporter la 45e médaille d’or de la chanson au Marché-Concours de Saignelégier, dans le Jura suisse. Le jury était présidé par le toulousain Yvan Cujious, lauréat de l’édition 2001. Hasard et destinée, c’est à un autre chanteur de la ville rose qu’est revenu la médaille d’argent : Chouf. Enfin, le bronze est pour Guillo, chanteur venu des Landes qui d’ailleurs fait coup double en s’adjugeant le prix du public.
Si on peut considérer que cette médaille n’est qu’un prix de la chanson parmi d’autres, il a pour les suisses une toute autre valeur, qui pèse son poids de médaille. Il fut créé en fin avril 1968 par un mouvement de jeunesse en lutte pour l’autonomie du Jura francophone au sein de la Confédération helvétique. En 1968, en effet, l’ensemble du Jura francophone faisait partie du canton de Berne, germanophone. L’organisation d’un concours pour auteurs, compositeurs et interprètes francophones était une manière d’affirmer l’identité des Jurassiens, une façon de défendre leur langue. La 1re Médaille d’or connu un succès retentissant avec 1200 spectateurs. Ce n’est qu’en 1975, au prix d’une cassure au sein des districts francophones, que trois d’entre eux décident de former un canton suisse. Le combat identitaire est gagné. Malgré cette autonomie, la Médaille d’or continue chaque année d’être organisée.
C’est donc à Zedrus, un chouette chanteur, de Genève, un peu brusque dans ses mots, délicieusement rugueux dans sa poésie, que revient cette médaille et l’honneur de présider ce concours l’an prochain. Le lendemain du prix, il était, encore la tête dans les étoiles, à un débat sur la chanson romande lors du Salon du livre et de la presse de Genève.
La presse suisse, qui a suivi fidèlement cette rencontre, note une « qualité et une diversité de candidats impressionnantes ». Notons au passage le nombre important de candidats : 109 au total à postuler pour cet instant d’éternité, pour ce Panthéon de la chanson où désormais, après Aliose en 2010 et Cujious l’an passé, est gravé en lettres d’or le nom de Zedrus.

Le site de la Médaille d’Or de Saignelégier, c’est ici ;  le myspace de Zedrus, c’est là.

 

2 mai 2012. Étiquettes : . Les événements, Prix. 2 commentaires.

Ce romand de Zedrus…

C’est un helvète, un romand, qui signe, de son micro, d’un Z qui veut dire Zedrus. Ou pourrait le faire, tant il aime la provocation, l’éternel décalage. Qui aime à se définir comme un Brassens trash. Rien que lire, à une certaine époque, le titre de ses chansons (Salopard, Vieux con…) validait l’affirmation. Zedrus vient de sortir son cinquième opus, toujours autoproduit, dans l’attente sans doute d’un producteur plus courageux que d’autres, qui ose l’impertinence adoubée au talent. La galette se nomme « Dans la différence générale » : sortons cette différence du silence ambiant et mettons-là en exergue : c’est franc, direct, sans ambages, sans vaseline. Autoportrait désillusionné (« Eh ben cochon ! / C’est pas le produit qu’on m’avait vendu ! Pour affronter la société / Mieux vaut être con / Con sans sommations »), solitudes, vies bridées (« Avec les lois qu’ils ont votées à l’Assemblée / J’ai perdu pour un oui pour un non / Ma liberté d’expression et d’érection »), vies sans fard, pas forcément sans cafard ni sans regrets… Il y a un peu de foule sentimentale en Zedrus, un type qui a envie de tout donner, de tout aimer, de vivre libre, mais se heurte à la réalité de notre monde, là où « Tout va mal » : « Et j’aboie, j’aboie, j’aboie / Dans une bouteille à la mer. » Dit comme ça, c’est pas avenant, sauf que Zédrus a l’art et la manière de (bien) le chanter. Si comparaison vaut raison, on associera Zedrus à La Blanche : l’univers y est presque pareil, avec ce cynisme comme ultime bouclier. Et cette tendresse qui, parfois, plane sur les vers et s’attarde plus longuement ici sur une magicienne qui « du fil de fer barbelé fait un porte-jarretelles », là sur l’épouse et la maitresse (« Avec elle, je finirai mes jours / Avec toi, je ne les vois pas passer »). Et sur l’amour d’un père, magnifique chanson qui rappelle le meilleur de l’autre romand qu’est Sarcloret. Ecoutez Zedrus, écoutez la différence !

Zedrus, Dans la différence générale, 2011, autoproduit, distribution Disques Office en Suisse, L’Autre distribution en France. Le site de Zédrus, c’est ici. http://www.myspace.com/zedrus En concert les 27 et 28 avril 2012 à La Médaille d’Or de Saignelégier (Suisse), le 4 mai à « On connaît la chanson » à Volvic (63), le 12 juin au Zèbre de Belleville à Paris et du 11 au 17 juillet à « Allonz-y Franc’off » à La Rochelle. Et ce dimanche 29 avril en débat sur « Les mots des chanteurs romands » au Salon du livre et de la presse de Genève avec, à ses côtés, les chanteurs Blandine Robin, Denys Surdez et Thierry Romanens ainsi que votre serviteur.

26 avril 2012. Étiquettes : . Lancer de disque. 9 commentaires.

Rencontre à Genève, lors du Salon du livre

A nouveau sur la route. Cette fois à Genève, chez nos amis helvètes, à l’occasion du Salon du livre et de la presse. Où je participe ce dimanche à un débat sur « Les mots des chanteurs romands » avec, réunis autour du micro, une belle brochette de chanteurs du cru : Zedrus et Denys Surdez, père et fils chanteurs et poètes, Thierry Romanens et Blandine Robin. Et Michel Kemper, votre serviteur l’enchanteur, qui y dédicacera tant Mes nuits critiques que Les Vies liées de Lavilliers. Débat animé par Pascal Schouwey.

Ce débat aura lieu dimanche de 15 h 30 à 17 h sur le stand de la scène du Cercle i1145 (le Cercle est facile à repérer, c’est le stand avec les immenses rideaux rouges, la scène est juste derrière, devant le Café Livresse).

J’ai souvent consacré des lignes à Thierry Romanens (notre photo), comme celles-ci : « Thierry Romanens, suisse encore inédit en France, est à Sarclo ce que Dupont est à Dupond. Avec un look à la Tintin. Lumineux ! Il nous vient du pays des banques, fait le mariole, pas le branque. Il est direct, franc, jovial, gueule de Tintin picaresque et pittoresque : Heureux comme un cochon dans la fange / Je ne suis qu’un rieur aux anges. Ravis, en tous cas, de faire connaissance avec un petit suisse de la chanson, qui partage avec l’autre helvète qu’est Sarclo un goût consommé de l’impertinence, du caustique, de l’humour radical, que contrecarre une poésie urgente, qui se fout pas mal des rimes. » (suite ici)

Nous reviendrons sur Zédrus, cette semaine, à l’occasion de la sortie de son nouvel album, Dans la différence générale.

24 avril 2012. Étiquettes : , , , , , . Festivals, Les événements. 1 commentaire.

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